C’est l’une des plus grandes énigmes de notre temps. Où est passé le vol MH370, qui avait décollé le 8 mars 2014 de Kuala Lumpur à destination de Pékin avec 239 personnes à bord? Il s’est probablement écrasé dans le sud de l’océan indien au large de l’Australie. Malgré des recherches intensives, seul un fragment d’aile a été retrouvé. Le reste de l’épave reste introuvable. À l’avenir, plus aucun avion ne pourra disparaître de la sorte, promet l’ONU.

Les États membres de l’Union internationale des télécommunications (UIT), une institution spécialisée des Nations unies, se sont mis d’accord mercredi pour que les appareils soient suivis en temps réel par satellite. Pour l’instant, leur localisation est assurée par des radars terrestres. Lesquels ne couvrent pas les océans, les déserts ou les massifs montagneux, soit environ 70% de la surface du globe. Ce manque était bien connu de l’aviation civile. Il est devenu criant avec la tragédie de vol de la Malaysia Airlines.

Réunie jusqu’à la fin novembre à Genève, la conférence mondiale des radiocommunications de l’UIT a décidé d’attribuer une bande de fréquences radio aux signaux qui seront échangés entre les avions et les satellites. L’Organisation de l’aviation civile internationale, basée à Montréal, avait préalablement avalisé le principe de cette surveillance via l’espace.

Suivi minute par minute

«En parvenant à cet accord, nous avons répondu en un temps record aux attentes de la communauté internationale sur la question essentielle du suivi des vols à l’échelle mondiale», s’est félicité Houlin Zhao, le secrétaire général de l’UIT. Il faudra que toutes les compagnies aériennes programment les appareils de leurs avions en conséquence. Cela ne devrait pas générer de surcoût important. Car les signaux qui seront dirigés vers les satellites sont les mêmes qui sont actuellement transmis aux stations de radars terrestres.

Les compagnies devraient avoir jusqu’à fin 2016 pour se mettre en conformité avec les nouvelles règles, qui doivent encore être entérinées par l’OACI. L’organisation souhaite imposer le suivi, minute par minute, des avions en cas d’incident. Un signal sera émis toutes les 15 minutes dans des conditions normales de vol, mais le système devrait répéter le signal chaque minute en cas d’incident.