Etats-Unis

L'ONU dénonce le décret de Trump contre les citoyens de sept pays

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme parle d’une mesure «méchante» et contreproductive dans la lutte contre le terrorisme

L’ONU dénonce le décret du président américain Donald Trump qui interdit l’entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays musulmans. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme cible une mesure «méchante» et contreproductive dans la lutte contre le terrorisme.

«La discrimination fondée sur la nationalité est interdite en vertu des droits humains», a estimé sur Twitter Zeid Raad al-Hussein. Il ajoute par ailleurs que ce dispositif prive la lutte contre le terrorisme des ressources adaptées.

Mesure examinée par la justice

Donald Trump a pris un décret interdisant pour trois mois au moins l’entrée sur le territoire américain des citoyens de sept pays: Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

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Largement critiquée, notamment par la Suisse, cette mesure a déjà été examinée par la justice. Une juge fédérale, saisie par des défenseurs des droits civiques, a interdit l’expulsion des personnes en règle retenues dans tous les aéroports américains.

Des conséquences peu claires selon l’UE

L’Union européenne fait également preuve de vigilance. La Commission européenne va s’assurer qu’aucun de ses citoyens ne subit de discrimination sous le coup du décret signé par le président Trump, selon son porte-parole.

«Nos avocats sont en contact avec nos partenaires européens et autres, et nous allons nous assurer qu’aucune discrimination n’est infligée à nos citoyens», a affirmé lundi le porte-parole, Margaritis Schinas, lors d’un point presse à Bruxelles. Les conséquences juridiques du décret américain «ne sont pas encore claires» en ce qui concerne leur impact éventuel sur des ressortissants de l’UE détenteurs de la double nationalité des pays visés, a-t-elle expliqué.

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«Ici c’est l’Union européenne, et dans l’UE nous ne faisons pas de discrimination basée sur la nationalité, la race ou la religion, non seulement en matière d’asile mais dans n’importe laquelle de nos politiques», a-t-il insisté. Il a rappelé «l’attachement» de la Commission et de son président Jean-Claude Juncker à ces principes.

Un décret qui pousse à la radicalisation

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a de son côté estimé lundi que l’interdiction temporaire d’entrée aux Etats-Unis signifiée aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans encourageait les extrémistes. «De telles mesures sélectives et discriminatoires ne font qu’encourager le discours radical des extrémistes», a déclaré l’OCI dans un communiqué posté sur son site internet.

«(La décision) va donner du grain à moudre aux tenants de la violence et du terrorisme, au moment, critique, où l’OCI est engagée avec tous ses partenaires, dont les Etats-Unis, dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme sous toutes leurs formes et manifestations», a ajouté l’organisation.

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