Gouvernance

A l'ère de Trump, le G20 ne condamne plus le protectionnisme

La déclaration finale a été laborieusement négociée. L'administration Trump a obtenu le retrait de la condamnation du protectionnisme et du soutien à l'accord de Paris sur le climat

Le G20 Finances a retiré de sa déclaration finale samedi sa traditionnelle condamnation du protectionnisme économique, et aussi son soutien à l'accord de Paris sur le climat, reflétant les réticences du nouveau gouvernement américain sur ces deux sujets.

«Nous travaillons à renforcer la contribution du commerce à nos économies», affirme la déclaration laborieusement négociée lors d'un sommet des grands argentiers du monde, vendredi et samedi à Baden-Baden, en Allemagne, qui ne mentionne pas non plus l'accord de Paris de 2015 comme le faisait le précédent communiqué diffusé après le sommet de Hangzhou en 2016.

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La France «regrette» ce désaccord

La nouvelle administration américaine de Donald Trump, affichant des positions hostiles au libre-échange et à la lutte contre le réchauffement climatique, a infléchi le G20 sur ces deux points au terme des pourparlers entre ministres et conseillers réunis pour cette première grande réunion multilatérale du nouveau secrétaire américain au Trésor. Steven Mnuchin a estimé que la formulation des précédents communiqués du G20 condamnant le protectionnisme n'était pas «pertinente».

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La France, par la voix de son ministre des Finances Michel Sapin, a dit «regretter» le désaccord sur ces deux points. «Je regrette (...) que nos discussions aujourd'hui n'aient pas pu aboutir de manière satisfaisante sur deux priorités absolument essentielles dans notre monde actuel et sur lesquelles la France souhaite que le G20 continue à agir fermement et de manière concertée», a réagi Michel Sapin dans un communiqué.

L'Allemagne minimise

L'Allemagne, qui préside le G20 cette année et qui a beaucoup oeuvré pour éviter un esclandre ou une fracture ouverte visible de tous, a aussi tenu à minimiser la portée de ces inflexions à la doctrine du G20. «Les Américains n'ont pas été isolés. C'est le rôle de la présidence (du G20) de réunir, pas d'isoler», a déclaré, lors de la conférence de presse finale, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schauble.

D'un point de vue plus général, les ministres et participants ont relevé que la croissance de l'économie mondiale était en progrès. «La croissance se renforce à travers le monde», a déclaré la directrice générale du FMI Christine Lagarde dans un communiqué.

Sur les autres sujets traditionnels du G20, lutte contre l'évasion fiscale, le blanchiment, ou encore réforme de l'architecture financière internationale, le communiqué est dans la continuité de ses précédents. De même pour les changes, un sujet pourtant potentiellement sensible compte tenu des récentes déclarations de l'administration américaine sur la devise chinoise ou européenne.

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