France

Un scrutin dans les mains des seniors

La France métropolitaine a commencé à voter ce matin à 8h00. Regard sur les plus de 65 ans, qui sont les électeurs qui votent le plus et varient le moins d’un candidat à l’autre

(Article paru initialement le 20 avril)

La France qui élira le prochain président de la République sera-t-elle celle des seniors? Si le taux d’abstention pour le premier tour est autour de 25-30%, comme l’envisagent les sondages (il avait été de 20% en 2012), cette probabilité est réelle. Selon l’institut IFOP, la participation des plus de 65 ans promet en effet d’être très supérieure à la moyenne. 77% des membres de cette classe d’âge seraient assurés d’aller aux urnes, contre 69% de l’ensemble de l’électorat.

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Les plus de 65 ans représentent 23% de la population française, soit près de quinze millions de personnes et donc… d’électeurs. Ils forment en outre une clientèle électorale très informée et avide de politique, comme le montre l’assistance lors des meetings de campagne. Plus important encore pour les candidats: environ 75% de ces Français souvent retraités affirment être sûrs de leur choix. Un choix qui penche nettement à droite si l’on s’en tient au scrutin de 2012: Nicolas Sarkozy avait alors obtenu 41% des suffrages chez les seniors au premier tour (contre 27,1% des voix sur l’ensemble de la population), tandis que François Hollande avait plafonné à 30% (contre 28,6% au niveau national).

Pour le candidat de la droite, très handicapé par les affaires politico-judiciaires qui lui valent d’être mis en examen, ce vote des seniors sera donc décisif dimanche. François Fillon l’a d’ailleurs expérimenté à son avantage lors de la primaire, que son entourage considère comme le meilleur test électoral, bien plus fiable que les sondages. En novembre 2016, lors du premier tour face à Sarkozy et à Juppé, Fillon avait obtenu 53% des voix dans cette catégorie, contre 28% pour le maire de Bordeaux, arrivé second. L’équipe de campagne Fillon a fait imprimer à plus de huit millions d’exemplaires une brochure de huit pages détaillant son programme, destinée surtout à ce public qui a davantage le temps de lire. «Nous ne cherchons pas spécialement à courtiser les seniors explique Vincent Chriqui, directeur de campagne du candidat. Nous défendons un programme basé sur le travail, l’équité, le sacrifice qui correspond à leurs attentes.» La défense des valeurs catholiques et traditionnelles, dont François Fillon s’est fait le porte-drapeau, joue aussi en sa faveur auprès de cet électorat.

Attention toutefois: un autre candidat, Emmanuel Macron, est en embuscade. 57% des plus de 65 ans ont, selon l’IFOP, une bonne opinion du candidat d’En Marche. Le score de Marine Le Pen auprès de cette tranche d’âge (entre 13 et 15% au premier tour) et celui de Jean-Luc Mélenchon (12%) prouvent en revanche qu’ils ont moins à gagner de ce côté-ci de l’électorat français.


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