Que ses 39,3 millions d’abonnés se rassurent: les tweets du président américain ne seront pas supprimés par le réseau social californien. Sous pression ces derniers jours, Twitter a justifié ce mardi son refus de supprimer un tweet controversé de Donald Trump, dans lequel le président menace la Corée du Nord en 140 signes. Twitter estime en effet que la prise de position de ce dernier «a un intérêt médiatique» crucial, et représente en outre une source d’information «d’intérêt public», malgré la violence du propos.

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Depuis l’accession au pouvoir du républicain, connu (entre autres) pour son utilisation compulsive du réseau social, la passivité de Twitter a souvent été dénoncée par les détracteurs de Donald Trump. Ces derniers l’accusent d’inciter à la haine et d’enfreindre impunément les règles imposées par la plateforme. La semaine dernière, un tweet particulièrement violent a obligé le réseau social à prendre position.

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Dans un contexte de tensions extrêmes entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, le président américain a proféré des menaces visant Pyongyang suite au discours du chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, à l’ONU: «Je viens d’entendre le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord s’exprimer aux Nations unies. S’il se fait l’écho des pensées de Little Rocket Man (ndlr: Kim Jong-un), ils ne seront plus là pour très longtemps.»

Délicat arbitrage

Le chef de la diplomatie nord-coréenne a réagi lundi en accusant à New York les Etats-Unis d’avoir déclaré la guerre à son pays. Pourquoi tolère-t-on, chez Twitter, les admonestations hautes en couleur du président?

Les règles de fonctionnement du réseau stipulent en effet que les menaces violentes sont interdites, qu’elles soient directes ou indirectes. La plateforme a même annoncé la semaine passée avoir supprimé près d’un million de comptes ces deux dernières années, incitant à la haine ou faisant l’apologie du terrorisme.

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Dans la nuit de lundi à mardi, la direction du groupe a annoncé qu’elle ne supprimerait pas les tweets de Donald Trump, justifiant sa décision dans une série de messages. «Nous soumettons tous nos comptes aux mêmes règles, et considérons un certain nombre de paramètres lorsque nous évaluons si les tweets enfreignent celles-ci. Parmi ces considérations, il y a l’intérêt médiatique d’un tweet et le fait qu’il soit d’intérêt public», a souligné le réseau.

Sans surprise, la Maison-Blanche a de son côté balayé les critiques. A ceux qui jugeaient que le tweet de menace de Donald Trump ouvrait grand la porte à un conflit, la porte-parole de l’exécutif américain Sarah Huckabee-Sanders a pour sa part rétorqué cette semaine: «Nous n’avons pas déclaré la guerre à la Corée du Nord et, franchement, une telle suggestion est absurde.»