Rien de tel qu’un Brexit «ordonné» pour redonner le moral à une France assommée – comme ses voisins européens – par le Covid-19 et la menace d’une troisième vague de contaminations. Vue de Paris, la signature ce mercredi 30 décembre 2020 de l’accord sur la future relation commerciale entre l’Union européenne et le Royaume-Uni n’a pas tardé à relancer le «cocorico» républicain, avec Michel Barnier en vedette bruxelloise. Le scénario? Une nouvelle Europe communautaire redeviendra possible demain, avec Paris à la manœuvre dans la cabine de pilotage. Le pitch, sur le papier, est presque parfait pour Emmanuel Macron, dont le mandat s’achèvera au premier semestre 2022, avec la présidence tournante française de l’Union à 27.

Oublions un instant la dette abyssale du pays – 2674 milliards d’euros, soit 116,4% du produit intérieur brut au quatrième trimestre (contre 45% du PIB pour la Suisse) – puisque tout le monde, aujourd’hui, signe des chèques astronomiques. Oublions aussi l’inconnue que fera peser, sur 2021, le remplacement d’Angela Merkel à la tête d’une Allemagne toujours discrète, mais résolue à ne pas lâcher les rênes de cette UE qu’elle écrase de sa puissance économique. Refermons vite la parenthèse de 2020 sur ces deux déstabilisateurs en chef à l’œuvre depuis quatre ans: Donald Trump à la Maison-Blanche et Boris Johnson, d’abord au parlement de Westminster puis au 10 Downing Street.