Le plus grand nombre est arrivé dans le département d’Artibonite (62’500), puis dans le nord-ouest (31’250), Grand Anse (30’000), Nippes (30’000), l’Ouest (22’800), le Sud (22’425), le Centre (14’680) et le Nord (13’500), précisent les Nations unies. Des parents ou amis s’occupent des nouveaux arrivés.

Le nombre de rescapés du séisme du 12 janvier vivant dans quelque 591 campements temporaires à Port-au-Prince dépasse les 800’000, selon une nouvelle évaluation. Il faut encore des tentes et du matériel supplémentaire pour des abris.

Les organisations humanitaires ont pu jusqu’ici distribuer de l’aide alimentaire à 500’000 personnes, mais deux millions ont besoin de nourriture, selon l’ONU. Quelque 235’000 personnes reçoivent de l’eau à 115 endroits différents, mais il faudrait atteindre un demi-million de déplacés, ajoute le Bureau des Affaires humanitaires.

Aide ralentie

L’aide continue d’être ralentie par la congestion de l’aéroport de Port-au-Prince, où de 130 à 150 avions atterrissent chaque jour. L’aide non urgente est déviée vers l’aéroport de Saint-Domingue, qui commence également à souffrir d’encombrement, indique l’ONU.

Le trafic est en outre très difficile entre l’aéroport et la capitale. Quant à l’infrastructure du port de Port-au-Prince, elle est insuffisante et les bateaux sont trop grands pour accoster. Un système de barges doit être créé.

Les autorités sanitaires haïtiennes s’attendent à ce que le bilan des personnes décédées dans le séisme du 12 janvier atteigne les 150.000 lundi. Et elle craignent que 200.000 autres cadavres ne soient encore enfouis sous les décombres, a dit un ministre haïtien dimanche.

A la question de savoir combien de cadavres sont encore enfouis sous les décombres, la ministre des Communications, Marie-Laurence Jocelyn Lassegue, a jugé que «c’est très difficile de dire, mais le premier ministre (haïtien) a parlé de 200.000».

Reconstruire un «nouvel Haïti»

Les «pays amis» d’Haïti tiennent lundi à Montréal une réunion d’urgence pour se concerter tant sur leur aide immédiate au pays dévasté que sur un programme de reconstruction. Programme qui devrait donner naissance à un «nouvel Haïti», bien différent de l’ancien.

L’expression est du premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive qui participera aux travaux aux côtés de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et de représentants de l’Espagne, du Japon et de plusieurs pays latino-américains.

Ottawa souhaite que cette rencontre de quelques heures permette de fixer le lieu et la date de la conférence des donateurs qui doit se tenir dans les semaines à venir, a souligné dimanche le chef de la diplomatie canadienne, Lawrence Cannon. Il s’agit de «déterminer en collaboration avec le gouvernement haïtien des priorités-clés pour établir un plan d’action», a-t-il précisé.

Lundi matin, les participants - dont les Etats-Unis, la France, l’Espagne, le Brésil, les Nations unies et l’Organisation des Etats américains - vont d’abord «comparer leurs notes» pour faire le bilan de la situation. Puis les ministres chercheront à esquisser une vision d’avenir.

A quelques heures de la réunion, l’organisation humanitaire Oxfam a appelé les participants à s’entendre sur un effacement de la dette internationale d’Haïti qui s’élève à 890 millions de dollars (630 millions d’euros).