Le plan de relance devrait comprendre une proposition de budget pour la période 2021-2027, incluant un fonds pour relancer l'économie après la pandémie de coronavirus, selon des sources concordantes. Selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, il devrait être présenté dans «la deuxième ou la troisième semaine de mai». Le président français Emmanuel Macron a reconnu jeudi qu'il n'y avait «pas de consensus» entre les pays de l'UE sur des transferts vers «les régions et les secteurs» les plus touchés par la crise du nouveau coronavirus. L'Italie et l'Espagne, qui ont le plus souffert de la pandémie réclament davantage de solidarité aux pays du Nord.

Au début de ce Sommet tenu par vidéoconférence, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, avait mis en garde les 27 dirigeants européens contre le risque «d'agir trop peu, trop tard» face aux conséquences économiques de la pandémie, selon une source proche des discussions. Ce sommet qui a duré moins de cinq heures était un premier tour de table. Ce plan doit donner au Vieux Continent les moyens de sortir de la pire récession qui guette l'UE depuis le début de son histoire, selon des sources concordantes.

Ce plan de relance de l'économie européenne devrait atteindre, de l'avis de tous, plusieurs centaines de milliards d'euros. Mais sur son montant exact comme sur ses modalités, un consensus sera extrêmement difficile. Etats membres et institutions ont rivalisé d'imagination ces dernières semaines pour proposer chacun leur solution. Mais le débat a surtout fait réapparaître les vieux clivages, déjà présents après la crise financière de 2009. Les pays du Sud, fortement endeuillés par la pandémie, réclament davantage de solidarité financière à leurs voisins du Nord. Mais ces derniers, en particulier l'Allemagne et les Pays-Bas, moins touchés par le virus, rechignent à payer pour des Etats auxquels ils reprochent leur indiscipline budgétaire pendant les années de croissance.

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«Esprit de solidarité»

La chancelière allemande, Angela Merkel, a promis jeudi, «dans un esprit de solidarité», des «contributions beaucoup plus importantes» de son pays au budget de l'UE, sur «une période limitée». Mais elle a de nouveau exclu toute mutualisation des dettes nationales, réclamée, sous des formes variées, par Madrid, Rome - qui a depuis modéré ses attentes - et Paris, ce que l'on a souvent résumé par le terme de «coronabonds».

L'intérêt de la mutualisation des dettes pour les pays du Sud de l'Europe est de bénéficier des taux d'intérêt peu élevés des pays du Nord, afin de financer l'après-crise. Le président de l'Eurogroupe Mario Centeno a plaidé jeudi pour un fonds de relance «proportionnel aux coûts de la crise», «alimenté par le budget de l'UE» et qui garantisse «la solidarité avec les États membres les plus touchés». Et partant, qui préviendrait un éclatement de la zone euro (19 pays). Ce budget à long terme doit en principe être adopté d'ici la fin de l'année, mais il divise là aussi les Etats membres, selon le même clivage Nord/Sud.

La pandémie a percuté de plein fouet les économies: l'UE, dont les populations sont confinées dans la plupart des pays, devrait enregistrer une chute record de son PIB de 7,1% cette année, selon les prévisions du FMI. Et la crise qui menace les 19 pays de la zone euro risque d'être la pire de la courte histoire de la monnaie unique lancée en 1999. Le cabinet Markit a annoncé jeudi un effondrement «sans précédent» de l'activité du secteur privé dans la zone euro en avril, sous l'effet des mesures prises pour enrayer l'épidémie.