Les délégués des 195 Etats participant à la COP21 n’arrivent pas à Paris les mains vides. Après une année de négociations préliminaires, ils ont en leur possession un texte d’une cinquantaine de pages qui servira de base à leurs discussions. Par ailleurs, plus de 180 pays ont déjà fait connaître leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour la période post-2020, année d’entrée en vigueur du futur accord. Avec ces avancées, la conférence sur le climat de Paris semble mieux engagée que celle de Copenhague, en 2009, qui s’était soldée par un échec. Et pourtant: il subsiste de nombreux points d’achoppements entre Etats, qui pourraient bien faire capoter le sommet.

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1) le financement

Qui doit payer et à quelle hauteur pour aider les pays en développement à lutter contre les changements climatiques? C’est la principale question qui oppose les Etats à la COP21. Les pays riches s’étaient engagés en 2009 à Copenhague à verser 100 milliards de dollars par an jusqu’en 2020 pour aider les pays moins avancés. Un rapport récent de l’OCDE a évalué à près de 62 milliards de dollars les flux Nord-Sud engagés en 2014 dans la lutte contre le réchauffement, ce qui est encourageant par rapport à l’objectif annoncé. Cependant, pour la période après 2020, les besoins vont encore s’accroître. Les pays industrialisés traditionnels aimeraient voir certains pays émergents comme la Chine mettre la main au portefeuille, mais Pékin s’y oppose. D’autres débats portent sur la nature (publique ou privée) des fonds engagés et sur la part qui doit être attribuée à des projets d’adaptation au réchauffement.

2) la forme de l’accord

Si tous ou presque s’accordent à penser qu’il y aura un accord à Paris, reste à savoir quelle forme juridique il prendra. Mi-novembre, le secrétaire d’État américain John Kerry a fait savoir qu’il ne pourrait pas s’agir d’un traité; ce type d’accord doit en effet être ratifié par les parlements des pays signataires, ce qui serait impossible aux Etats-Unis, où le Congrès est hostile à l’action climatique. Mais François Hollande continue de défendre l’idée d’un accord contraignant. Une des options envisagées est d’obliger les Etats à communiquer l’état d’avancée de leurs objectifs climatiques à intervalle régulier, en comptant sur le fait qu’ils les respecteront pour préserver leur réputation.

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3 ) l’ambition de l’accord

Les promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre annoncées par les Etats en vue de la COP21 ne sont pas suffisantes pour parvenir à limiter le réchauffement à 2°C à la fin du siècle, ce qui est l’objectif de la conférence de Paris. Face à cette situation, la France propose de contraindre les pays participant à présenter de nouveaux objectifs plus ambitieux tous les 5 ans environ. Par ailleurs, certains Etats insulaires particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement militent pour que le réchauffement soit maintenu à 1,5°C et non à 2°C. Enfin, les associations de protection de l’environnement souhaitent que les Etats prennent des engagements d’urgence pour la période avant 2020.