1979 Le 1er février, l’ayatollah Khomeiny rentre à Téhéran après quinze années d’exil en Irak et en France. Il est accueilli triomphalement par une foule de près de 4 millions de personnes. Il incarne l’alternative au régime impérial du shah, parti en exil quelques jours plus tôt avec sa famille, sous les coups de boutoir de la révolution. Dans un discours prononcé le jour même de son arrivée, au cimetière de Behecht-e-Zahra, l’ayatollah Khomeiny annonce la constitution d’un Conseil révolutionnaire islamique. Quelques semaines plus tard, la République islamique est instaurée. Son avènement est approuvé, le 31 mars, par référendum à 98%. Les «tribunaux islamiques» commencent à juger des proches de l’ancien régime. L’armée à son tour est épurée.

1979 Un groupe d’étudiants islamiques attaque l’ambassade américaine à Téhéran, le 4 novembre 1979. Ceux-ci prennent en otage 52 diplomates et réclament l’extradition du shah d’Iran hospitalisé à New York. Une épreuve de force de 444 jours s’engage avec le président américain, Jimmy Carter, qui refuse de céder malgré les menaces d’exécution des otages. L’ayatollah Khomeiny parle de seconde révolution. En janvier 1980, la visite du secrétaire général des Nations unies, Kurt Waldheim, ne parvient pas à dénouer la crise. Les relations diplomatiques irano-américaines sont rompues en avril 1980. Washington tentera même de libérer les otages lors d’un raid aérien raté dans le désert de Tabas. Il faudra attendre janvier 1981 et la médiation de l’Algérie pour qu’ils soient libérés.

1980-1988 Les troupes de Saddam Hussein envahissent l’Iran le 17 septembre 1980: c’est le début de la guerre Iran-Irak. L’Iran, qui sort à peine de sa révolution, fait face, presque seul, à un Irak appuyé par de nombreux pays. Les pertes en hommes (un million de morts de part et d’autre) et les destructions sont considérables. L’ayatollah Khomeiny profite du sursaut patriotique pour éliminer ses opposants et consolider le régime. Ali Khamenei est élu président de la République en 1981, puis réélu en 1985. Mir Hossein Moussavi devient premier ministre en 1981, il le restera jusqu’à la fin de la guerre et au début de la reconstruction du pays. Le 20 août 1988, un cessez-le-feu entre en vigueur. Le pays est exsangue, des centaines de milliers de jeunes volontaires morts sur le front sont élevés au rang de martyrs.

1997 L’élection, le 23 mai 1997, du réformateur Mohammad Khatami à la présidence de la République, avec 70% des voix, soulève dans la société iranienne, chez les jeunes surtout et les étudiants, l’espoir d’une certaine libéralisation du régime. Il affiche aussi son souci d’ouverture vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Occident en général. Les conservateurs feront bloc pour l’empêcher d’aller trop loin dans les réformes. En 1999, une révolte étudiante sera réprimée dans la violence, M. Khatami n’a pu l’empêcher. Il sera pourtant réélu le 8 juin 2001 avec 77% des voix.

2002 En s’appuyant sur des photos satellites des sites de Natanz (sur la photo ci-contre) et d’Arak, les Etats-Unis accusent, en 2002, l’Iran de vouloir enrichir de l’uranium à des fins militaires. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) procède à des inspections et affirme en juin 2003 que l’Iran n’a pas respecté ses obligations dans le cadre du traité de non-prolifération nucléaire. L’Iran déclare suspendre ses activités liées à l’enrichissement de l’uranium en octobre 2003. Mais il continue à affirmer sa détermination à faire valoir son droit «naturel» à se doter de la technologie nucléaire. En septembre 2005, un rapport de l’AIEA confirme que l’Iran a repris la conversion d’uranium à Ispahan. L’intransigeance du nouveau président, Mahmoud Ahmadinejad, sur ce dossier vaudra à l’Iran trois séries de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU.

2005 La radicalisation de la République islamique s’opère avec la victoire à la présidentielle de juin 2005 du maire de Téhéran, Mahmoud Ahmadinejad. Pour ce fondamentaliste, Israël doit être «rayé de la carte». Ses propos choquent la communauté internationale, mais il conserve l’appui du guide suprême, Ali Khamenei. Sa popularité grandit au sein des classes défavorisées et des miliciens islamistes. Il surfe sur le populisme et le nationalisme, distribue l’argent du pétrole directement dans d’incessantes tournées en province. A l’aube de l’élection présidentielle du 12 juin 2009, il fera l’objet de vives critiques pour avoir aggragé la crise économique, isolé le pays et ignoré la société civile. M. Ahmadinejad sera déclaré vainqueur avec 63% des voix. Pour ses opposants, il y a eu fraude.