Afrique

400 migrants entrent en force dans l’enclave espagnole de Ceuta

Les hautes barrières, équipées de cisailles et d’objets tranchants, n’ont pu empêcher l’assaut le plus important depuis 10 ans

Près de 400 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont forcé vendredi à l’aube la haute barrière entourant l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc, l’assaut le plus important depuis plus de dix ans. Les migrants ont réussi à forcer les portes en au moins deux points de la barrière de six mètres de haut entourant l’enclave.

Euphoriques après leur entrée en territoire espagnol, certains criaient «España!» devant la caméra du journal local El Faro de Ceuta, qui a diffusé des images sur son site. «Il faut remonter au début des années 2000 pour atteindre ce genre de chiffres», a assuré un porte-parole de la préfecture.

Certains migrants blessés

Les images publiées par El Faro montraient des dizaines d’hommes, certains torses nus ou pieds nus, déambulant en poussant des cris de joie dans les rues de Ceuta. Certains étaient visiblement blessés, victimes d’écorchures aux pieds ou à la tête. D’autres images montrent des migrants encore perchés, dans la matinée, en haut de la double clôture.

La dernière entrée massive remonte au 31 octobre, quand près de 220 migrants avaient franchi deux portes d’accès de la barrière de Ceuta lors d’un «assaut» similaire qui avait fait 35 blessés dont trois gardes civils.

«Tout le monde a été surpris»

Carmen Echarri, la directrice du journal, a déclaré que les forces de l’ordre avaient semblé débordées des deux côtés de la frontière, lorsque les migrants ont donné l’assaut en dix points différents de la haute barrière, équipés de cisailles et d’objets tranchants. «Tout le monde a été surpris», a-t-elle ajouté en précisant que les syndicats policiers côté espagnol demandent des renforts depuis des mois.

Des organisations de défense des droits de l’Homme épinglent régulièrement l’Espagne pour le traitement réservé aux migrants dans les enclaves de Ceuta et Melilla, les deux seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.

Dénonciations de refoulements illégaux

Les migrants, sans-papiers pour la plupart, prennent le risque de la traverser pour atteindre le centre de séjour temporaire pour étrangers (CETI) où ils peuvent en principe présenter une demande d’asile. Mais ce n’est pas toujours le cas, dénoncent des ONG. En novembre, Amnesty International a par exemple dénoncé des refoulements illégaux de demandeurs d’asile entrés en territoire espagnol, qualifiant ces villes de «territoires de non-droit».

Amnesty pointait également du doigt des violences policières des deux côtés de la frontière et la rétention de sans papiers qui n’auraient rien à y faire, notamment des mineurs, des femmes victimes de violence et même un handicapé.

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