Il y a tout d’abord les constats, choquants. 821 millions d’individus souffrent encore de la faim dans le monde bien que la production globale suffise pour nourrir tout le monde. Des chiffres comparables à la situation d’il y a une décennie. La malnutrition (manque de vitamines, de minéraux et de protéines) touche 2 milliards de personnes. Dans le même temps, 1,9 milliard sont en surpoids et obèses. La détérioration de la sécurité alimentaire est sérieuse. C’est aussi ce qui pousse Catherine Geslain-Lanéelle à relever le défi: se faire élire au poste de directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Production triplée

A 55 ans, cette Française, qui s’est portée candidate pour prendre la tête de l’organisation onusienne basée à Rome, est une optimiste. Venue à Genève rencontrer différentes organisations internationales concernées par les questions alimentaires dont l’OMS, l’OMC, l’OIM ou encore le HCR, elle le souligne devant quelques journalistes au Palais des Nations: «Il ne faut pas l’oublier: nous avons aussi fait d’énormes progrès au cours des cinq dernières décennies en triplant la production alimentaire mondiale. C’est considérable si l’on sait que la population de la planète, sur la même période, a été multipliée par 2,5.» Dans le même temps, la croissance démographique inquiète: d’ici à 2050, la population mondiale devrait augmenter de 2 voire 3 milliards d’individus. Autres défis en termes de sécurité alimentaire: les conflits (internes), qui se multiplient depuis la fin de la guerre froide, et la menace du changement climatique.