Attentats

Abdelhamid Abaaoud a été tué dans l'assaut de Saint-Denis

Les autorités françaises annoncent que le commanditaire des attentats a péri dans l'assaut de Saint-Denis. Le ministre de l'Intérieur déplore qu'aucun pays européen n'ait signalé Abaaoud à la France avant les attaques

«Abdelhamid Abaaoud vient d'être formellement identifié, après comparaison de traces papillaires [laissées dans une matière par le doigt, ndlr], comme ayant été tué au cours de l'assaut (...)», selon un communiqué du procureur de Paris, François Molins. Abdelhamid Abaaoud a donc bien été tué dans l'assaut qui a eu lieu mercredi à Saint-Denis. Le procureur a par la suite précisé que le djihadiste est l'homme abattu par les policiers durant la fusillade: «Il s'agit du corps découvert dans l'immeuble, criblé d'impacts».  Il aurait été impliqué dans quatre des six attentats évités ou déjoués par les services de renseignement français depuis le printemps, selon Bernard Cazeneuve, ministre français de l'Intérieur.

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Basé en Belgique, Amaoud était pour les autorités, le commanditaire des attentats du 13 novembre à Paris, qui ont fait 129 morts. Le Premier ministre Manuel Valls a immédiatement salué cette neutralisation. «Abaaoud, le cerveau de ces attentats - l'un des cerveaux car il faut être particulièrement prudent et nous savons les menaces - se trouvait parmi les morts», a déclaré le chef du gouvernement à l'Assemblée nationale.

Petit délinquant bruxellois radicalisé, Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, était parti combattre en Syrie en 2013, où il est devenu l'un des visages de la propagande francophone du groupe Etat islamique (EI) sous le surnom d'Abou Omar al-Baljiki («le Belge» en arabe). Il s'était illustré fin 2014 par un aller-retour en Europe à la barbe des services de renseignement, pour y préparer des attentats finalement déjoués.

Mercredi, François Molins l'a présenté comme «l'instigateur» présumé «de nombreux projets d'attentats en Europe pour le compte de l'organisation terroriste Etat islamique».

Ainsi, Abdelhamid Abaaoud a déjà été suspecté de préparer des attentats en Belgique, et son nom a été lié à la cellule de Verviers. Depuis sa première arrivée en Syrie début 2013, il a gravi plusieurs échelons hiérarchiques au sein de l’organisation terroriste. A tel point que cette dernière lui aurait peu à peu délégué la charge de former des combattants francophones en vue de commettre des attentats sur le sol européen. Il est célèbre pour son apparition dans une vidéo abjecte tournée près d’Azaz, au nord-ouest d’Alep. Sur les images, diffusées en mars 2014, on le voit au volant d’un pick-up tractant des corps d’«apostats», des soldats du régime syrien, avec un large sourire.

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Les travaux d'identification se portent à présent sur un deuxième corps. Les enquêteurs pensent qu'il s'agit de la femme qui s'est fait exploser mercredi matin.

Exhortation à une meilleur coordination européenne

«Aucune information» sur Abdelhamid Abaaoud n'a été communiquée par un pays européen avant son arrivée en France, a déploré jeudi le ministre français de l'Intérieur, qui a appelé l'Europe à se «reprendre» face à «la menace terroriste».

«Aucune information émanant de pays européens dans lequel il aurait pu transiter avant d'arriver en France ne nous a été communiquée suggérant qu'il ait cheminé en Europe, et soit arrivé jusqu'à la France», a déclaré Bernard Cazeneuve, au cours d'une conférence de presse après l'annonce de la mort d'Abaaoud.

Or, «La coopération dans la lutte anti-terroriste est cruciale», a-t-il plaidé, en rappelant qi'il avait demandé une réunion exceptionnelle des ministres de l'Intérieur et de la Justice vendredi à Bruxelles «pour que toutes ces questions soient de nouveau abordées dans un cadre européen».

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