Océanie

Abus sexuels sur des enfants de réfugiés sur l’île de Nauru

Des témoignages font état de mauvais traitements dans le camp situé sur le micro-Etat insulaire

Des rapports ont fui de l’Office de l’immigration australien, dénonçant des abus commis dans le camp de réfugiés à Nauru, minuscule île-Etat située au nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Plus de 2000 cas perpétrés essentiellement par des gardes ont été relevés par des médecins, des assistants sociaux ou encore des professeurs ayant été en contact avec des victimes, entre mai 2013 et octobre 2015, selon The Guardian qui a publié une partie des témoignages dans son édition de mardi. D’après le quotidien britannique, 1086 incidents concernent des enfants: abus sexuels et mauvais traitements, conduisant souvent à des automutilations.

De graves conséquences psychologiques

«Ces révélations faisaient l’objet de préoccupations depuis un certain temps», explique Andreas Needham, responsable de la communication au Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR). Selon le Guardian, les conséquences psychologiques pour les enfants sont extrêmement graves. «Nous avons constaté une détérioration de la situation pour les réfugiés vivant dans les camps. Il faut agir rapidement si nous voulons avoir une chance de changer encore la situation.» Comment? «Ceux qui souffrent le plus doivent être immédiatement conduits dans des hôpitaux hors de Nauru afin de recevoir les soins médicaux adaptés.»

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Les mauvais traitements subis par les enfants n’étonnent pas non plus Anna Neistat, directrice des recherches à Amnesty International qui est rentrée récemment d’un séjour sur place. «J’ai eu accès à une partie des rapports, confie-t-elle. Le plus terrible, c’est que des membres du gouvernement australien aussi.» La chercheuse demande au gouvernement libéral de Malcolm Turnbull de fermer immédiatement le camp. «La Nouvelle-Zélande s’est déjà proposée d’accueillir ces personnes, mais Canberra a refusé. Les médecins à Nauru savent exactement qui aurait besoin d’être évacué au plus vite.»

Des abus routiniers

Les cas dénoncés ne seraient, d’après Anna Neistat, que la pointe de l’iceberg. «Les abus sur les enfants sont presque routiniers dans le camp et continuent actuellement.» Andreas Needham s’inquiète de la détérioration de la situation des personnes à Nauru. «Il a été prouvé que la détention prolongée affecte énormément le mental de ceux qui sont bloqués dans ces centres de traitement extraterritoriaux.»

Quelque 1200 réfugiés sont retenus sur cette île d’une superficie de 21km², alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Australie. Cette politique d’immigration lancée en 2001 par Canberra avait pour but de transférer les migrants hors du territoire national. Stoppée en 2007, elle a été relancée en 2012 et fait depuis l’objet de dénonciations de violation des droits de l’homme.

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