Italie

Accident dans le port de Gênes: sept morts et deux disparus

La collision spectaculaire et toujours incompréhensible d’un porte-conteneurs avec une tour de contrôle du port de Gênes, en Italie, a fait mercredi au moins sept morts, quatre blessés et deux disparus

Dans une déclaration devant les députés italiens, le ministre des Transports et de l’Infrastructure, Maurizio Lupi, qui s’était rendu dans la matinée à Gênes (nord-est), a présenté une liste officielle faisant état de sept morts, quatre blessés et deux disparus, tous identifiés.

Deux enquêtes ouvertes

«Cinq corps ont été récupérés et deux autres découverts, mais pas récupérés. Il y a deux enquêtes, une de la justice et l’autre des garde-côtes», a déclaré à la chaîne de télévision SKY TG-24 Filippo Marini, chef du service de presse des garde-côtes.

La justice a ouvert une enquête contre le commandant du Jolly Nero pour homicide par imprudence et elle a mis sous séquestre le navire. Le pilote du port, qui assistait le commandant au moment de l’accident, a également été placé sous enquête, a précisé plus tard dans la journée le procureur de Gênes, Michele Di Lecce.

Par ailleurs, deux fils de Maurizio Potenza, 50 ans, pilote employé dans le port, avaient raconté aux médias dans un premier temps que leur père avait été retrouvé blessé mais vivant, alors que ce dernier fait partie des sept morts.

Treize personnes dans la tour lors du drame

Treize personnes se trouvaient dans la tour quand celle-ci a été violemment heurtée par le navire. Plusieurs heures après l’accident, une grue dégageait les débris de la tour, tandis que le navire avait été déplacé pendant la nuit.

Le maire de Gênes, Marco Doria, a proclamé une journée de deuil dans la cité, après «le très grave accident survenu au port, qui frappe la ville tout entière».

Une fausse manœuvre du porte-conteneurs

Au moment de sortir du plus grand port industriel d’Italie, le «Jolly Nero», un porte-conteneurs de la compagnie Messina, a, pour une raison inconnue, fait une fausse manœuvre et heurté de plein fouet la Palazzina Piloti, d’où sont contrôlés les mouvements des bateaux.

Sous le choc très violent, la haute tour de contrôle, semblable à celles que l’on voit dans les aéroports, s’est effondrée dans l’eau. Deux petits bâtiments, faisant partie de la capitainerie et situés à côté de la tour, ont également été détruits. Ne subsiste, visible, que l’escalier métallique de secours de l’un de ces bâtiments.

Les secouristes rapidement sur place

Les personnes, qui se trouvaient dans la tour sont tombées à l’eau ou ont été ensevelies sous les décombres. Les plongeurs secouristes arrivés très vite sur les lieux, ont repêché dans un premier temps neuf personnes, dont trois étaient mortes.

Le président de l’Autorité portuaire, Luigi Merlo, ainsi que le maire, Marco Doria, ont également accouru sur les lieux. En appelant à une minute de silence au Sénat, Maurizio Rossi sénateur de la Ligurie, dont Gênes est la capitale, a souligné que la tragédie «frappait au cœur la première industrie de la ville qui traverse par ailleurs une grave crise économique».

Deux moteurs grippés

Selon les premiers témoignages, il semblerait que deux moteurs se soient grippés, rendant le porte-conteneurs incontrôlable. Un pilote de la capitainerie se trouvait au gouvernail du navire qui était accroché à deux remorqueurs du port, ce qui rend l’accident encore plus incompréhensible.

Le navire italien a près de 200 mètres de long, 30 mètres de large et pèse plus de 40.500 tonnes.

Cet accident rappelle douloureusement aux Italiens la tragédie du Costa Concordia. Ce paquebot de croisière avait fait naufrage le 13 janvier 2012 après avoir heurté un rocher à proximité de l’île toscane du Giglio, causant la mort de 32 personnes.

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