Des parlementaires chiites ont fait état lundi soir d'un accord entre les leaders politiques irakiens sur le projet de Constitution, une information démentie par des Kurdes qui affirment que les discussions se poursuivent. «Les leaders politiques sont parvenus à un accord et le projet de Constitution sera remis ce soir au parlement», a déclaré à l'AFP le député Baha'al-Aaraji, rapporteur du Comité de rédaction de la Constitution et membre de la liste de l'Alliance unifiée irakienne (AUI, chiite).

Mais les députés kurdes Mahmoud Osmane et Mounzer al-Fazzal, qui participent aussi aux discussions, ont démenti cette information. La session du parlement, qui devait se tenir initialement en début de soirée pour examiner le projet de Constitution, a finalement été ouverte une heure avant l'expiration du délai officiel (15 août à minuit) pour la remise du texte à ses membres. «La cuisine politique se poursuit», a dit à l'AFP Mounzer al-Fazzal. Selon Mahmoud Osmane, plusieurs points sont encore en discussion. L'ambassadeur des Etats-Unis, Zalmay Khalilzad, était présent dans la salle de réunion.

Neuf négociateurs, trois de chacun des principaux groupes (Kurdes, Arabes minoritaires sunnites et musulmans chiites majoritaires), mènent ces pourparlers de la dernière heure.

Dans une allusion au rejet éventuel du texte par des négociateurs sunnites opposés à ce que ce document consacre le caractère fédéral de l'Irak, le porte-parole du gouvernement Leith Koubba a estimé que la Constitution «ne plaira pas à tout le monde, ce qui est normal». En cas d'échec, selon le porte-parole du président Jalal Talabani, Kameran Karadhagi, on pourrait décider de prolonger d'environ deux semaines le délai qui expirait le 15 août aux termes de la Constitution provisoire parrainée depuis un an et demi par l'occupant américain.

Si la Constitution irakienne devrait promouvoir la démocratie, à en croire ses promoteurs, de nouvelles allégations de torture en prison révélées lundi soulèvent des questions sur le respect des droits de l'homme dans le pays, y compris par les forces de sécurité gouvernementales. Prié de réagir sur ces allégations, le Ministère de l'intérieur a déclaré qu'il n'y avait aucune preuve de sévices infligés dans les prisons irakiennes.

Attentat à la vache piégée

Sur le terrain, 22 personnes ont aussi été tuées lundi dans une série d'attaques, dont un camionneur turc mort dans un attentat à la vache piégée.