Barack Obama a signé lundi avec son homologue Dmitri Medvedev une série d’accords confirmant un relatif réchauffement après des années de tensions, qui ont culminé lors du conflit géorgien d’août 2008. Mais les dossiers litigieux restent nombreux, alors que le programme de Barack Obama prévoit aussi des rencontres avec l’opposition et la «société civile».

C’est sous les ors du Kremlin, dans une ambiance solennelle, que les deux chefs d’Etat se sont livrés à une cérémonie de signatures, suite à une rencontre de près de cinq heures. Les accords conclus hier n’ont pas réservé de surprise, mais confirment le pas en avant voulu par les deux capitales malgré de difficiles négociations qui se sont poursuivies jusqu’à la veille de la rencontre.

Pas plus de 1675 têtes

Premier effet de ce réchauffement: le Kremlin a accepté d’autoriser le transit de «matériel militaire» américain – soldats, armes, véhicules – en route vers l’Afghanistan. Un gain significatif pour le président Obama, alors que son armée évacue progressivement l’Irak au profit de l’Afghanistan. «Je tiens à le répéter, la Russie est un partenaire précieux en Afghanistan», a assuré Barack Obama.

La grande avancée de cette première rencontre concerne toutefois la réduction des armes stratégiques, alors que le programme START, toujours en vigueur, sera échu en décembre. Les deux chefs d’Etat ont mis en place des barèmes qui devront par la suite être précisés par des équipes de négociateurs: pas plus de 1675 têtes nucléaires, et moins de 1100 «vecteurs nucléaires», qui équipent par exemple les missiles, pour chacun des deux pays, lesquels possèdent aujourd’hui 90% de l’arsenal nucléaire du monde.

Les négociations sur le désarmement qui vont redémarrer après cette rencontre bilatérale promettent cependant d’être complexes. En moins de six mois, les deux gouvernements devront aplanir toutes les difficultés, alors que Moscou répète que la signature d’un traité passe inévitablement par la résolution du contentieux sur le bouclier antimissile américain, dont l’installation prévue en Europe de l’Est irrite le Kremlin. Sur cette question, les discussions étaient plus délicates: les deux présidents se sont entendus pour mettre en place une commission d’experts conjointe pour tenter de trouver un terrain d’entente, mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères rappelait au même moment que «nous sommes loin d’un accord».

Ce premier pas, encourageant, effect­ué entre l’administration Obama et le Kremlin vient cependant rappeler que les dossiers litigieux sont nombreux. Si Russes et Américains ont conclu par ailleurs un accord sur la reprise des activités militaires communes, interrompues lors du conflit géorgien, reste que les dossiers qui fâchent, comme l’expansion de l’OTAN à l’est, n’ont pas été évoqués. Et Barack Obama a réitéré l’importance pour Washington de l’intégralité territoriale de la Géorgie, alors que Moscou soutient l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie.

Ce mardi, le président américain rencontrera notamment une série d’opposants et de membres de la société civile russe. Après sa journée consacrée au réchauffement diplomatique, il faudra voir s’il entend mettre l’accent sur les points de rupture entre Moscou et Washington.