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Palais du Quirinial, Rome.
© Ricardo Antimiani/EPA

Italie

Accord gouvernemental en Italie

A la suite des discussions, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont trouvé un compromis sur la nomination d'un nouveau ministre des Finances

Le premier gouvernement d’alliance entre un jeune mouvement antisystème et un parti d’extrême droite doit prêter serment vendredi après-midi à Rome, sous la direction de Giuseppe Conte, un juriste complètement novice en politique qui a promis une politique anti-austérité et sécuritaire.

Après près de trois mois de tractations et de rebondissements inédits même pour un pays rompu aux crises politiques, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont trouvé un compromis avec le président Sergio Mattarella, qui exigeait des garanties sur le maintien de l’Italie dans la zone euro.

Le président avait mis un veto spectaculaire à une première liste dimanche soir. Mais jeudi soir, il a signé avec un soulagement visible une liste amendée de ministres qui doivent prêter serment à 16h et demander la confiance du parlement en début de semaine prochaine.

C’est donc Giuseppe Conte, un professeur de droit et avocat de 53 ans totalement inconnu quand il a été choisi il y a quinze jours par le M5S et la Ligue, qui sera assis à côté de Sergio Mattarella samedi pour la parade militaire de la fête nationale. Et lui qui assurait encore son cours à l’université de Florence jeudi matin représentera l’Italie la semaine prochaine au sommet du G7 au Canada.

Dix-huit ministres dont cinq femmes

Au premier rang pendant la campagne et encore plus pendant les mois de tractations, Luigi Di Maio, chef de file du M5S, et Matteo Salvini, patron de la Ligue, sont désormais vice-premiers ministres, le premier chargé du Développement économique et du Travail, et le second de l’Intérieur.

Le très sensible ministère de l’Economie et des Finances revient à Giovanni Tria, un professeur d’économie politique proche des idées de la Ligue en matière fiscale mais favorable au maintien de l’Italie dans l’euro. Au départ pressenti pour ce poste, Paolo Savona, l’économiste de 81 ans qui considère l’euro comme «une prison allemande», devient ministre des Affaires européennes.

Il sera flanqué du très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant vingt ans à Bruxelles et a été ministre des Affaires européennes de Mario Monti et d’Enrico Letta (2011-2014), qui devient ministre des Affaires étrangères.

Au final, une équipe resserrée de 18 ministres, dont seulement cinq femmes, qui placent quasiment à égalité les deux alliés, même si la Ligue n’a obtenu que 17% des voix aux élections législatives du 4 mars, contre plus de 32% pour le M5S.

Un contrat a contrario des prérogatives de l’UE

La réaction des marchés financiers, qui se sont montrés fébriles ces dernières semaines avec en particulier une envolée du spread, l’écart entre les taux d’emprunt allemand et italien à dix ans, est très attendue vendredi. Les investisseurs jugent le programme des deux alliés dangereux pour les comptes publics italiens, mais beaucoup redoutaient encore plus un éventuel retour aux urnes dans les prochains mois.

«Nous allons travailler avec intensité pour réaliser les objectifs politiques que nous avons annoncés dans le contrat de gouvernement. Nous travaillerons avec détermination, pour améliorer la qualité de vie de tous les Italiens», a promis Giuseppe Conte jeudi soir après avoir présenté son équipe.

Lire aussi: Italie: le risque de l’effet boomerang

Ce «contrat de gouvernement», négocié pendant dix jours et dévoilé il y a deux semaines, tourne résolument le dos à l’austérité et aux diktats de Bruxelles, et parie sur une politique de croissance économique pour réduire la colossale dette publique italienne. Il promet un abaissement de l’âge de la retraite, des baisses d’impôts draconiennes – cheval de bataille de la Ligue – et l’instauration d’un «revenu de citoyenneté» de 780 euros par mois – promesse phare du M5S.

«Sans promettre de miracle, je peux dire que j’aimerais bien qu’après les premiers mois de ce gouvernement du changement, on ait un pays avec un peu moins d’impôts et un peu plus de sécurité, un peu plus d’emploi et un peu moins de clandestins», a lancé Matteo Salvini jeudi soir devant ses partisans, confirmant le ton de sa campagne. Il a promis «une approche culturelle légèrement différente», avec par exemple «un bon coup de ciseaux» dans les fonds destinés à l’accueil des demandeurs d’asile.

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