Gordon Brown s’est félicité vendredi de l’ouverture d’un «nouveau chapitre» en Irlande du nord, après la conclusion d’un accord entre partis catholique et protestant qui lève le dernier obstacle à l’application complète du processus de paix lancé en 1998.

Le Premier ministre britannique a annoncé que le transfert effectif de Londres vers Belfast des pouvoirs de justice et de police, au coeur d’âpres négociations depuis deux semaines entre les catholiques de Sinn Féin et les protestants du DUP, commencerait à partir du 12 avril.

»Nous fermons le dernier chapitre d’une histoire longue et troublée et nous ouvrons un nouveau chapitre pour l’Irlande du nord», a déclaré M. Brown en présentant les détails de l’accord lors d’une conférence de presse, au côté du Premier ministre irlandais Brian Cowen et des représentants des partis locaux.

Il a précisé que le gouvernement britannique fournirait 800 millions de livres (920 millions d’euros) pour financer ce transfert.

»Cet accord est le signe le plus sûr que nous ne retournerons pas aux jours sombres du passé», a pour sa part déclaré le Premier ministre d’Irlande du Nord, Peter Robinson, dont le parti unioniste protestant DUP s’est rallié finalement jeudi soir à l’accord.Gerry Adams, le président du Sinn Fein, a salué «une chance merveilleuse et un nouvel esprit nous permettant à tous d’avancer».

Les partis catholique et protestant gouvernent ensemble l’exécutif régional depuis 2007, assumant de nombreuses prérogatives dans des domaines tels que l’éducation ou la santé, mais les pouvoirs de police et de justice, politiquement sensibles, restaient supervisés par Londres.

L’accord prévoit la création d’un poste de ministre de la Justice, qui se verra confier la responsabilité de la police et de la justice dans la province.

Ce poste devrait initialement aller à un représentant d’un petit parti intercommunautaire.

Un poste d’Attorney general -- qui fait office de principal conseiller juridique de l’exécutif régional -- sera également créé.

La police nord-irlandaise a déjà été largement réformée après la disparition de la Royal Ulster Constabulary (RUC) qui était formée essentiellement par des policiers protestants et qui était haïe des militants républicains. La nouvelle force de police PSNI comprend près d’un quart de policiers catholiques.

L’accord prévoit aussi un compromis sur la régulation des traditionnelles parades protestantes «orangistes», qui occasionnent régulièrement des conflits entre les deux communautés.

Un échec des négociations entre partis protestants et catholiques aurait pu déboucher sur de nouvelles élections dans la province à l’équilibre politique fragile et provoquer un coup d’arrêt du processus de paix qui a mis fin à trois décennies de violences intercommunautaires avec un bilan d’au moins 3.500 morts.

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