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Donald Trump a prononcé un discours de méfiance à l'encontre de l'Iran à l'ONU, mardi 19 septembre. /REUTERS /Eduardo Munoz
© EDUARDO MUNOZ

Nations unies

Accord nucléaire: bras de fer entre les Etats-Unis et l'Iran

La tension est montée d'un cran avant la réunion aux Nations unies. Alors que le président américain a accusé l'Iran d'être un «Etat voyou», son secrétaire d'Etat réclame des «changements» dans l'accord nucléaire

L'Iran défend sa cause mercredi à l'ONU face aux Etats-Unis, tentés par une mise en cause de l'accord nucléaire conclu avec Téhéran, au risque d'une nouvelle crise. Cette réunion des pays signataires du texte historique de 2015 donnera lieu à la première rencontre entre le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif depuis le changement d'administration américaine en janvier.

Quant au président iranien Hassan Rohani, il doit lui s'exprimer devant l'Assemblée générale des Nations unies, au lendemain d'un discours très acrimonieux de Donald Trump à l'égard de Téhéran.

Lire aussi: L'Iran accuse Washington de violer l'accord nucléaire

L'Iran est un «Etat voyou» qui déstabilise le Moyen-Orient en exportant «la violence, le bain de sang et le chaos», a fustigé le président américain. Un «discours haineux et ignorant», a répliqué le chef de la diplomatie iranienne. Au-delà des attaques verbales entre deux pays qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, c'est le sort de l'accord conclu par les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) avec Téhéran, au bout d'années de tractations difficiles, qui est en jeu.

Les Etats-Unis réclament une révision du texte

Le président Trump doit en effet «certifier» d'ici à mi-octobre auprès du Congrès que Téhéran respecte bien ses engagements censés garantir la nature exclusivement pacifique de son programme nucléaire. Une non-certification ouvrirait une période de flottement de deux mois au cours de laquelle les parlementaires américains pourraient réimposer des sanctions pourtant levées dans le cadre de l'accord.

Son discours à l'ONU laisse penser qu'il est tenté de «déchirer» ce texte, comme il l'avait promis durant sa campagne pour la Maison-Blanche. L'accord est l'un des «pires» jamais conclus par Washington, c'est «un embarras», a-t-il lancé devant les dirigeants du monde entier. «Je ne pense pas que vous ayez fini d'en entendre parler», a-t-il ajouté, sibyllin.

Lire aussi l'édito: L'Iran, l'ennemi ultime

Les Etats-Unis ne resteront dans l'accord que si des «changements» sont «introduits», car le texte «doit vraiment être revisité», a même déclaré le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson. Les Américains pensent en effet que «le défaut le plus flagrant» du texte est qu'il «ne fait que remettre le problème à plus tard», selon Rex Tillerson.

Lors de son allocution, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou s'en est aussi vivement pris à l'accord sur le nucléaire iranien. Il en a profité pour dénoncer l'expansion de l'influence iranienne au Moyen-Orient, et a juré de ne pas permettre à Téhéran de s'établir de manière permanente en Syrie.

«Ceux qui nous menacent d'être anéantis se mettent eux-mêmes dans un péril mortel. Israël se défendra avec toute la force de nos armes et toute la puissance de nos convictions», a-t-il ajouté. «Nous agirons pour empêcher l'Iran d'établir des bases militaires permanentes en Syrie, pour ses forces aériennes, navales et terrestres», a aussi assuré le premier ministre israélien.

Lire aussi: Donald Trump et Benyamin Netanyahou, même combat

Les raisons des griefs des Etats-Unis mises en doute

Un retour des sanctions, casus belli pour Téhéran, risque de faire voler en éclats un pacte bâti sur leur levée progressive en échange de l'engagement iranien de ne pas se doter de l'arme atomique.

Hormis le soutien d'Israël, les Etats-Unis sont isolés, d'autant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de vérifier le respect des engagements iraniens, a sans cesse validé leur attitude depuis la conclusion de l'accord en juillet 2015. L'Iran défend bec et ongles ce texte et refuse toute renégociation. Il est soutenu en cela par les Européens et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. 

Lire aussi: L’Iran menace de quitter l’accord nucléaire en cas de nouvelles sanctions américaines

Les Européens essaient aussi de convaincre Washington de ne pas mélanger la politique nucléaire iranienne avec ses autres griefs à l'égard de l'Iran, comme son programme balistique et la «déstabilisation» de la région (en Syrie, au Liban, au Yémen). Plusieurs diplomates s'inquiètent en outre des répercussions négatives d'une volte-face américaine sur l'Iran, alors que la communauté internationale espère encore faire revenir Pyongyang à la table des négociations.

«Si les Etats-Unis ne respectent pas leurs engagements et bafouent cet accord, cela se traduira par une perte de confiance des Etats envers les Etats-Unis», a prédit le président iranien Hassan Rohani.

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