Impeaché deux fois. C'est avec cette nouvelle ligne à son CV, une première dans l'histoire des Etats-Unis, que Donald Trump s'est exprimé mercredi soir dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux via le profil officiel de la Maison-Blanche. Quelques minutes plus tôt, la speaker Nancy Pelosi venait de confirmer sa mise en accusation, adoptée par la Chambre des représentants par 232 voix contre 197, avec l'aide de 10 républicains. 

Lire aussi:  Ces républicains qui tournent le dos à Donald Trump

«Vous ne soutenez pas notre mouvement»

Dans son allocution, pas une seule fois le président n'évoque la procédure, qui se poursuivra désormais par un procès en destitution au Sénat. Il condamne les violences survenues le 6 janvier au Capitole, appelle au calme alors que le FBI s'inquiète de nouveaux débordements, mais à aucun moment il ne reconnaît la moindre responsabilité dans les heurts, qui se sont soldés par la mort de cinq personnes. 

Il assure, par contre, que les assaillants responsables de violences «ne peuvent pas être ses partisans», une façon de chercher à s'en distancer. «La violence collective va à l'encontre de tout ce en quoi je crois et de tout ce que notre mouvement représente», affirme-t-il. «Aucun de mes vrais partisans ne pourrait jamais cautionner la violence politique. Aucun de mes vrais partisans ne pourrait manquer de respect aux forces de l'ordre ou à notre grand drapeau américain. Aucun de mes vrais partisans ne pourrait menacer ou harceler ses compatriotes. Si vous faites l'une de ces choses, vous ne soutenez pas notre mouvement - vous l'attaquez. Et vous attaquez notre pays. Nous ne pouvons pas le tolérer.»

Pour rappel, la semaine dernière, Donald Trump a tardé à condamner les violences et s'était adressé à ses militants en leur déclarant: «Je vous aime, vous êtes spéciaux.» Dans la vidéo diffusée mercredi, Donald Trump évoque par ailleurs la transition, mais il ne franchit toujours pas le pas d'enfin reconnaître la victoire du démocrate Joe Biden, qui deviendra le 46e président des Etats-Unis, le 20 janvier à midi. Il préfère en revanche dénoncer des «attaques contre la liberté d'expression», une allusion aux réseaux sociaux qui l'ont éjecté de leurs plateformes. 

Lire encore: Face à Donald Trump, la lâcheté de Twitter et Facebook sidère

Après le 20 janvier

Le procès en destitution ne s'ouvrira qu'après l'assermentation de Joe Biden, a précisé Mitch McConnell, qui sera alors le leader de la minorité républicaine au Sénat. Au coeur de toutes les spéculations, ce dernier n'exclut pas de voter éventuellement en faveur de sa destitution. «Je n'ai pas pris ma décision définitive sur mon vote, j'ai l'intention d'écouter les arguments juridiques quand ils seront présentés au Sénat», précise-t-il à des élus dans une note rendue publique. 

Peu avant la divulgation de la vidéo, Donald Trump s'était déjà fendu d'un bref communiqué, avec notamment ces mots: «PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme.» Pendant ce temps, la capitale prend des allures de camp retranché. Près de 20 000 soldats de la Garde nationale au total seront dépêchés à Washington avant le jour de l'investiture de Biden. D'étonnantes photos circulaient mercredi. Certaines montrant des centaines de soldats avachis dans les couloirs du Capitole où ils ont passé la nuit à même le sol, pendant que des élus se rendaient dans leur hémicycle.