Une «mascarade politique» et une «chasse aux sorcières». A peine son acquittement par le Sénat prononcé, Donald Trump, privé de Twitter, s’est fendu d’un communiqué pour attaquer les démocrates. Il a surtout tenu à rassurer ses 74 millions d’électeurs, leur promettant «beaucoup de choses à partager». «Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, Make America Great Again, ne fait que commencer», écrit-il. Mais sans donner plus de précisions.

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Mesurer son influence

Pas une seule allusion à une éventuelle remise en selle pour 2024. Il n’évoque pas non plus les sept sénateurs républicains qui ont voté avec les démocrates, le jugeant coupable d'«incitation à l’insurrection». Donald Trump Jr s’est chargé de le faire pour lui. Sur Twitter, le fils aîné de la famille Trump, qui ne cache plus ses ambitions politiques, a déclaré ouverte la chasse aux RINO (pour Republican In Name Only, «républicain de nom uniquement»).

Il revendique leur impeachment, pour qu’ils soient exclus du parti. Et ne cache pas être agacé par l’attitude du leader républicain du Sénat, Mitch McConnell, qui, bien qu’ayant acquitté Donald Trump, le juge responsable de l’insurrection du Capitole. Son frère, Eric Trump, beaucoup moins présent sur le terrain politique, s’est contenté de tweeter un simple «2-0», une allusion au premier procès en destitution.

L’heure des règlements de compte a sonné au sein du Parti républicain. A moitié lâché par des poids lourds du parti, dont certains lui reprochent la perte de la majorité au Sénat, Donald Trump va également devoir mesurer son influence auprès de ses plus fidèles partisans. Est-elle restée intacte après les événements du Capitole? Parmi les assaillants qui ont été inculpés, certains sont échaudés et déçus.

«Tombé trop bas»

Vendredi, Nikki Haley, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’ONU, a enfoncé le clou, en déclarant que Donald Trump ne devrait pas briguer un nouveau mandat présidentiel en 2024. Son obstination à dénoncer une fraude électorale et à refuser sa défaite a laissé des marques. «Je ne pense pas qu’il sera présent, je ne pense pas qu’il puisse, il est tombé trop bas», relève-t-elle à Politico.

Elle l’accuse d’avoir «laissé tomber» le Parti républicain. D’ailleurs, depuis quelques jours, d’anciens responsables évoquent l’idée de créer un nouveau parti de centre droit pour ceux qui rejettent les trumpistes purs et durs. Si Nikki Haley prend ses distances avec Donald Trump dont elle était très proche, c’est peut-être aussi pour une autre raison: elle confirme songer elle-même à une candidature pour la présidentielle de 2024.

Donald Trump a refusé de témoigner à son procès. Il suivait les audiences du Sénat depuis son club privé de Mar-a-Lago en Floride, avec des membres de sa famille. Mardi, la prestation d’un de ses avocats, Bruce Castor, l’avait rendu fou furieux. Sur une échelle de 1 à 10, il était à 8, selon une source citée par le New York Times. Sa défense s’est révélée désorganisée, minée par des tensions internes, en partie parce que cinq avocats, qui devaient initialement le défendre, l’ont lâché huit jours seulement avant le procès, et qu’il restait peu de temps aux nouveaux pour se préparer et se coordonner.

Donald Trump aurait tout intérêt à s’entourer de solides avocats. Avec cette procédure politique derrière lui, il pourrait désormais faire face à des poursuites pénales lancées au niveau fédéral et de certains Etats. Notamment du côté de New York qui s’intéresse de près à la Trump Organization.