Les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept pourraient être sollicités dès le mois prochain sur l’ouverture des négociations d’adhésion entre l’UE et l’Islande, actuellement membre de l’Association européenne de libre-échange (AELE) aux cotés de la Suisse, de la Norvège et du Liechtenstein.

Si tel était le cas, la voie se trouverait donc ouverte pour une entrée de l’île dans l’Union dès le début 2011, sans doute aux côtés de la Croatie. Mais avec une énorme différence: Zagreb a entamé ses pourparlers depuis octobre 2005, alors que Reykjavik a frappé à la porte de Bruxelles en juillet dernier, dans la foulée de la débâcle économique insulaire liée à la crise financière mondiale.

Or cette «autoroute de l’adhésion» ouverte pour l’Islande interpelle, par ricochet, la diplomatie helvétique. Car elle rappelle combien les pays de l’Espace économique européen (Liechtenstein, Norvège et Islande) sont proches de l’UE. La Commission européenne, ne l’oublions pas, n’a reçu que le 27 juillet du Conseil – représentant les pays membres – l’invitation à préparer son «avis» en vue de l’ouverture de négociations d’adhésion. Un avis qui, d’habitude, nécessite plus d’un an de préparations.

Le raccourci Islandais en dit long sur les perspectives communautaires des pays de l’EEE: «Le fait que l’Islande applique déja les deux-tiers de l’acquis (la législation) communautaire nous permet d’aller beaucoup plus vite qu’avec d’autres candidats», ont expliqué à l’Agence Europe les responsables du dossier à la Commission, tout en soulignant que «l’analyse est faite avec la même rigueur que pour tout autre pays candidat».

Une rigoureuse évaluation du dossier suisse, à la lumière du cas de l’île Nordique, pourrait par conséquent être ces prochains mois un superbe sujet de thèse ou d’analyse pour les universitaires spécialisés et le département des Affaires étrangères. Cela permettrait, ainsi – avec l’avantage d’être de la pure fiction – de dresser le bilan des «bilatérales» au regard de ce fameux «acquis communautaire» que la Confédération ne reprend, jusque-là, que de façon «autonome», c’est à dire à la carte.