Président de la Haute Cour constitutionnelle, la grande majorité des Egyptiens l’a très probablement vu pour la première fois lors de sa prestation de serment, retransmise à la télévision, durant laquelle il a promis de «protéger le système républicain» et a rendu hommage au peuple égyptien, à l’armée et aux médias.

Il a clairement soutenu la mise à l’écart mercredi par l’armée de Mohamed Morsi ainsi que le mouvement de contestation populaire de l’ancien président dans son discours d’investiture à la tête du plus peuplé des pays arabes.

«Je salue le peuple égyptien qui a rectifié le 30 juin (jour des plus fortes manifestations anti-Morsi) le cours de sa glorieuse révolution», engagée début 2011 avec le renversement du président Hosni Moubarak.

Il a rendu hommage à l’armée, «conscience de la nation» qui «n’a pas hésité un moment pour répondre à l’appel du peuple», à la presse «courageuse et libre» qui «éclaire la route du peuple et révèle les méfaits de l’ancien régime».

Désigné par l’armée, Adly Mansour arrive à la tête d’un pays divisé après plusieurs jours de manifestations massives et parfois meurtrières entre opposants et partisans de Mohamed Morsi, le premier président élu démocratiquement en Egypte.

Désigné président de la Haute Cour constitutionnelle à la mi-mai, il n’avait pris ses fonctions à la tête de cette institution que le 1er juillet.

Ce sexagénaire, père de trois enfants, a obtenu une bourse pour étudier dans la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA) à Paris avant d’entamer une longue carrière judiciaire sous le régime de Hosni Moubarak.

Contrairement aux principaux leaders de l’opposition – comme le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei ou l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa –, son nom n’est jamais apparu parmi les successeurs potentiels de Mohamed Morsi.

L’anonymat relatif de cet homme de 67 ans aux cheveux blancs et à la carrure massive a peut-être intéressé les militaires désireux de mettre en avant une figure neutre pour assurer la transition qui s’annonce mouvementée.

Dans un contexte où la Constitution est suspendue, il est difficile d’évaluer sa marge de manœuvre réelle face aux militaires qui l’ont mis à la tête du pays, notamment le chef de l’armée et ministre de la Défense, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui apparaît comme le nouvel homme fort de l’Egypte.

Il est censé rester en place jusqu’à une élection présidentielle anticipée, dont la date n’est pas encore connue. La formation d’un nouveau gouvernement est également attendue.