L’Assemblée a adopté mercredi soir, dans une atmosphère tendue, l’ensemble du projet de budget 2011 qui prévoit de réduire le déficit de l’Etat de 60 milliards d’euros, de 152 à moins de 92 milliards d’euros.

Sans surprise, le projet de loi de finances 2011 a été adopté par la majorité UMP-Nouveau centre (169 voix) contre les voix de l’opposition PS-PCF-Verts (68 voix). Le texte doit maintenir partir en navette au Sénat.

L’adoption s’est faite dans la douleur. En début de soirée, le ministre du Budget François Baroin a suscité la colère des députés, y compris de sa majorité, en demandant une seconde délibération sur un ensemble d’amendements adoptés contre son avis pendant les longues heures de discussion budgétaire. M. Baroin estimait que ces amendements compromettaient la politique de réduction des déficits, priorité absolue du gouvernement pour tenir ses engagements européens.

«Je suis rapporteur du Budget depuis 2002. C’est la première fois que nous avons une seconde délibération remettant en cause autant de votes de notre Assemblée», a regretté le député UMP Gilles Carrez, soutenu par François Sauvadet (Nouveau centre).

«Nous avons consacré des heures et des heures à débattre de sujets importants. Que fait le gouvernement? Il remet tout en cause. C’est un mépris du Parlement», a protesté le député PS Pierre-Alain Muet.

Des députés ont fait observer que certains amendements remis en cause par le gouvernement pouvait rapporter des recettes à l’Etat.

Après une longue suspension de séance, M. Baroin a fait certaines concessions et sa majorité a entériné la seconde délibération puis l’ensemble du projet de budget pour 2011.