états-Unis

Affaire de Benghazi: le rôle joué par David Petraeus

L’affaire de Benghazi n’en finit pas d’animer les travées du Capitole. Bon nombre de républicains sont persuadés que la Maison-Blanche a camouflé ce qui fut, de fait, un fiasco

L’affaire de Benghazi n’en finit pas d’animer les travées du Capitole. Bon nombre de républicains sont persuadés que la Maison-Blanche a camouflé ce qui fut, de fait, un fiasco. Quatre Américains, dont l’ambassadeur basé à Tripoli, Christopher Stevens, furent tués lors d’un raid d’islamistes radicaux sur ce qui fut d’abord présenté comme le consulat des Etats-Unis à Benghazi, mais qui était en réalité une base de la CIA. Or, près d’une trentaine d’agents de la Central Intelligence Agency y travaillaient, alors que seule une poignée d’employés du Département d’Etat étaient présents, dont l’ambassadeur.

La polémique s’est surtout articulée autour des «éléments de langage» (talking points) utilisés par Susan Rice sur plusieurs plateaux de télévision. L’ambassadrice américaine auprès de l’ONU avait laissé croire que l’attaque de salafistes avait peut-être été la réaction à la diffusion d’une vidéo islamophobe en Amérique. Or, il n’en était rien. Il s’agissait bien d’une attaque terroriste le jour du 11e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.

Comme l’explique le Washington Post, celui qui était encore le patron de la CIA, David Petraeus, avait été prié par des membres démocrates du Congrès qui discutaient des propos à tenir devant les médias d’établir des «talking points» qui ne révèlent pas d’informations classifiées qui pourraient nuire à la traque des terroristes. David Petraeus n’en tint pas compte et présenta une liste de points à diffuser qui allait bien au-delà de ce que demandaient les membres du Congrès. Apparemment pour présenter son agence, la CIA, de façon favorable. Ce que David Petraeus était prêt à diffuser déclencha la guerre bureaucratique au sein de l’administration. Le patron de la CIA se trouva vite en porte-à-faux avec le Département d’Etat, le FBI et des hauts responsables de sa propre agence. Selon le Washington Post, la seule entité de l’administration qui n’objecta pas à la divulgation des infos détaillées de Petraeus fut… la Maison-Blanche, qui officia en qualité de médiateur entre les agences.

En fin de compte, tout le monde s’est accordé sur le plus petit dénominateur commun, qui fut, médiatiquement parlant, une aberration et qui contredisait les faits. Fiasco, oui, volonté de camouflage de la part de la Maison-Blanche, apparemment non. Jusqu’ici, la Maison-Blanche et surtout le Département d’Etat ont été accusés de n’avoir rien vu venir et de ne pas avoir tenu compte des avertissements de la CIA. C’est en partie vrai dans le sens où la sécurité en Libye à ce moment était très aléatoire. Mais si la CIA était si bien informée, elle aurait elle-même dû prévoir l’attaque de sa propre structure à Benghazi.

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