Italie

Affaire Orlandi: «Cherchez où l’ange pointe»

Le Saint-Siège a accepté d’ouvrir jeudi deux tombes dans un cimetière au sein du petit Etat, à la demande de la famille d’Emanuela Orlandi, une résidente du Vatican disparue dans des circonstances mystérieuses il y a trente-six ans

La clé du plus grand mystère de l’histoire moderne du Vatican se cache-t-elle dans une tombe centenaire à quelques mètres seulement de la résidence du pape François? La famille d’Emanuela Orlandi espère mettre un terme à ses recherches effrénées, trente-six ans après la disparition de la jeune fille alors âgée de 15 ans et résidente du petit Etat. Les autorités religieuses ont annoncé début juillet l’ouverture ce jeudi de deux sépultures. Une source anonyme a laissé entendre que le corps de l’adolescente pourrait s’y trouver. Cette affaire, liée à l’attentat contre Jean Paul II en 1981, aux scandales financiers du Saint-Siège ou encore au crime organisé romain, connaît un nouvel épisode au cœur même de la cité papale.

«Cherchez où l’ange pointe.» Ces paroles accompagnent la photographie d’une tombe dans le cimetière teutonique, le seul entre les murs du Vatican, à quelques mètres de la maison Sainte-Marthe, où vit le pape argentin. La lettre envoyée à l’avocate de la famille Orlandi, à l’été 2018, n’est pas signée. L’enquête de la justice romaine est alors archivée depuis trois ans. Après s’être rendue sur place pour des vérifications, la défense des proches de l’adolescente envoie une demande formelle à la Secrétairerie d’Etat pour obtenir l’ouverture des sépultures. La statue d’un ange est en effet appuyée contre la paroi du cimetière. Elle tient un parchemin sur lequel est inscrite la formule en latin «Requiescat in pace», «repose en paix».