Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Devant l'OIAC, la Grande-Bretagne a maintenu mercredi ses accusations contre la Russie. /AFP /ANP /Bart Maat
© BART MAAT

Affaire Skripal

Affaire Skripal: la Russie porte le dossier devant l’ONU

Mercredi, Moscou n’est pas parvenu à convaincre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de l’inclure dans l’enquête sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal

L’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia, a annoncé que la Russie avait demandé une réunion publique du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’affaire Skripal jeudi à 15 heures (heure locale, 21 heures en Suisse). Moscou souhaite spécifiquement, a dit Vassily Nebenzia, que la réunion porte «sur la lettre de la première ministre britannique Theresa May» accusant la Russie de l’empoisonnement de l’ex-espion et de sa fille. Cette annonce intervient car la Russie n’est pas parvenue à convaincre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) de l’inclure dans l’enquête sur l’empoisonnement de l’ex-espion russe.

Lire aussi: Skripal: des soupçons, des sanctions, des questions

Moscou nie catégoriquement toute implication dans cette affaire et dénonce «une provocation» occidentale et «une campagne anti-russe».

Une «tentative de diversion» par la délégation britannique

Le Conseil avait déjà tenu le 14 mars une réunion d’urgence sur ce dossier, cette fois à l’initiative du Royaume-Uni. Devant l’OIAC, la Grande-Bretagne a maintenu mercredi ses accusations contre la Russie, qu’elle tient pour responsable de l’attaque commise à l’aide d’un agent neurotoxique le 4 mars à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Les représentants des 41 Etats membres du Conseil exécutif de l’OIAC étaient réunis à huis clos au siège de l’organisation, à La Haye, pour évoquer cette affaire qui est à l’origine des pires tensions Est-Ouest depuis la guerre froide et d’une vague sans précédent d’expulsions croisées de diplomates.

Dans une ambiance tendue, la Russie, qui avait demandé la convocation de la réunion, n’a pas pu obtenir de l’OIAC qu’elle l’inclue dans l’enquête sur l’empoisonnement des Skripal. L’ambassadeur russe auprès de l’OIAC, Alexandre Choulguine, avait proposé que la Russie mène une enquête conjointe avec la Grande-Bretagne, sous la médiation de l’OIAC. Mais la proposition russe, présentée conjointement avec l’Iran et la Chine, a été qualifiée d’emblée de «perverse» et de «tentative de diversion» par la délégation britannique, et rejetée lors du vote de l’OIAC.

Lire aussi: Selon Moscou, l’empoisonnement de Sergueï Skripal pouvait être «dans l’intérêt» de Londres

«Malheureusement, nous n’avons pas pu recueillir deux tiers des voix en faveur de cette motion. Une majorité qualifiée était nécessaire», a déclaré Alexandre Choulguine lors d’une conférence de presse. «Les masques sont tombés», a-t-il lancé, indiquant que Londres et Washington avaient voté contre la proposition russe ainsi que, «docilement et tenus par la discipline de l’UE et de l’OTAN», les Etats membres de ces deux organisations et «quelques alliés des Etats-Unis en Asie».

«Il faut noter que 23 pays ont refusé de s’associer au point de vue occidental: soit ils ont voté pour notre projet, soit ils se sont abstenus», a souligné l’ambassadeur russe. Des sources diplomatiques ont indiqué à l’AFP que 6 pays avaient voté en faveur de la proposition russe, 15 contre et que 17 s’étaient abstenus.

La Russie nie en bloc

A Ankara, où il participait à un sommet sur la Syrie avec ses homologues turc et iranien, le président russe, Vladimir Poutine, a dit espérer «que le bon sens l’emporte et qu’on arrête d’infliger cet immense préjudice aux relations internationales».

La Russie, qui clame son innocence depuis le début, s’estime renforcée par les déclarations du laboratoire spécialisé britannique qui a analysé la substance utilisée contre l’ex-espion. Ce laboratoire situé à Porton Down, près de Salisbury, l’a identifiée comme étant du Novitchok, un agent innervant de type militaire de conception soviétique. Mais il a reconnu ne pas avoir de preuve que la substance utilisée contre les Skripal ait été fabriquée en Russie.

Lire aussi: Guerre des espions entre Moscou et Londres

Mercredi, le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a explicitement accusé les Occidentaux de manipulation, affirmant que l’affaire Skripal avait été «grossièrement fabriquée par les services spéciaux de Grande-Bretagne et des Etats-Unis».

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a