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Le président ukrainien Petro Porochenko après une brève rencontre avec le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel avant le sommet principal de l’Union européenne à Bruxelles le 17 mars 2016.
© THIERRY CHARLIER

Ukraine

Les affaires de Petro Porochenko rattrapées au Panama

Le président ukrainien aurait créé une société offshore à son nom, au moment où ses forces militaires connaissaient un sort tragique dans le Donbass

Le nom de Petro Porochenko apparaît parmi les 12 chefs d’Etat émargeant des documents déclassifiés du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Le président ukrainien aurait créé en août 2014 aux îles Vierges britanniques une société offshore, dans le cadre de la restructuration et de la vente de son entreprise Roshen, leader de la confiserie en Europe de l’est.

Problème, quinze mois plus tard, l’oligarque porté au pouvoir après la révolution Maïden, ne s’est pas plus séparé de Roshen que d’un autre de ses actifs majeurs. Sa fortune ne s’est jamais mieux portée et, selon les «Panama Papers», il se retrouve en tête d’une liste de 19 personnalités ukrainiennes usant de ces sociétés à des fins encore obscures.

A ce stade, il est difficile de prouver que Petro Porochenko a tenté de se livrer à de l’évasion fiscale. «Je pense être le premier haut représentant à déclarer ses actifs, payer ses impôts, et envisager les conflits d’intérêts en pleine conformité avec le droit privé ukrainien et international», a déclaré lundi le président.

Lire également: L’Ukraine reste en panne de réformes

Petro Porochenko ajoute ne pas participer à la gestion de ses actifs et avoir délégué cette responsabilité à des cabinets de conseil et de droit. C’est pourtant son visage, sur une photocopie de passeport, qui apparaît comme seul et unique actionnaire de la société offshore Prime Asset Partners Limited, enregistrée le 21 août 2014 par Mossack Fonseca, trois mois après son élection.

La mise au jour de cette société pourrait saper irrémédiablement l’autorité et la stature du chef de l’Etat. En effet, à la même date, dans le Donbass, les forces ukrainiennes sont cernées par les milices séparatistes et l’armée russe à Ilovaisk, sans que le commandement à Kiev ne réponde aux demandes de renfort. La bataille se soldera par près de 500 morts. «Nous ne comprenons pas pourquoi le président s’est occupé des ses affaires de manière si active au moment d’événements les plus tragiques de notre histoire contemporaine», commente Anna Babinets, journaliste d’investigation de la chaîne Hromadske, qui a travaillé sur cette enquête.

«On ne sait pas si ce processus l’a empêché de remplir ses fonctions, poursuit-elle. Mais on peut tracer deux lignes parallèles, celle d’Ukrainiens qui ont sacrifié leur vie pour défendre l’Ukraine, et celle d’un président qui, au même moment, était en train de créer des mécanismes sophistiqués pour éviter de payer des impôts dans son pays.»

L’argument n’est pas anodin dans une société traumatisée, où rien qu’en mars, 19 soldats ont été tués au front et 128 blessés. Et hier, la classe politique faisait preuve d’un silence assourdissant, si ce n’est la jeune garde des députés réformateurs réclamant la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Mais Petro Porochenko, au crédit déjà entamé, devrait payer un prix politique fort. «Le paiement des taxes doit devenir le devoir imminent des contribuables», déclarait-il le 9 septembre dernier devant son conseil des réformes, alors que depuis deux ans, celui dont la fortune a augmenté de 20% a imposé à tous les Ukrainiens le voina nalog, un impôt de la guerre prélevé sur les salaires.

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