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La police française a lancé son opération d’évacuation à l’aube, ce lundi 9 avril.
© LOIC VENANCE/AFP PHOTO

France

Des affrontements en marge de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Près de trois mois après l’abandon d’un projet contesté d’aéroport dans l’ouest de la France, les forces de l’ordre ont lancé l’opération d’expulsion des occupants de cette «zone à défendre»

Des affrontements ont éclaté lundi matin lors d’une vaste opération d’expulsion par la gendarmerie d’occupants illégaux à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ouest de la France. Les gendarmes mobiles déployés en nombre sur place ont tiré des grenades lacrymogènes ainsi que des grenades assourdissantes en réponse à des tirs de projectiles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Lire aussi: Notre-Dame-des-Landes, retour vers le passé

«A partir de 6h ce matin […] la gendarmerie nationale débutera une opération d’expulsion des occupants illégaux des terrains de la zone de Notre-Dame-des-Landes», avait annoncé le Ministère de l’intérieur dans un communiqué. «L’opération […] vient mettre à exécution des décisions de justice pour procéder à l’expulsion des occupants les plus radicaux», a précisé le ministère. Elle vise à déloger «une centaine» de personnes, et sera maintenue «tant qu’il sera nécessaire», a précisé sur Europe 1 le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Les accès principaux d’une route de la zone, devenue le symbole de l’occupation illégale, ont été bloqués dans la nuit, a constaté l’AFP. Des affrontements ont éclaté entre «zadistes» et gendarmes mobiles, qui ont tiré des grenades lacrymogènes et assourdissantes en réponse à des jets de projectiles.

«Ces expulsions sont illégales»

Plusieurs épaves de voitures étaient complètement renversées sur les côtés, sur et au bord de la route, a constaté l’AFP. Des pneus encore fumants et des barricades jonchaient les abords de la zone. Les journalistes ont été tenus à l’écart une fois l’opération commencée.

Un très important dispositif de gendarmes mobiles a été mobilisé, avec des files de camions stationnés sur un côté de la route, feux allumés sous le brouillard.

«Ces expulsions sont illégales», a déclaré une occupante de la ZAD se faisant appeler Camille à l’AFP. «C’est inacceptable que l’état chasse les gens de chez eux. On appelle tous les gens à résister, nous soutenir et rejoindre les rassemblements locaux. On était dans un cadre de négociation apaisé avec la préfecture à la recherche de solutions collectives.»

L’opération doit durer plusieurs jours

Cette opération de grande ampleur, prévue sur plusieurs jours, doit mobiliser 25 escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2500 militaires. Elle prévoit d’expulser toutes les personnes qui n’ont pas régularisé leur situation, en déclarant par exemple de nouveaux projets agricoles individuels.

La quasi-totalité des 250 zadistes estimés sur place ne l’ont pas fait, préférant une gestion collective du territoire et la possibilité de mener des projets non agricoles.

Le 17 janvier, en mettant fin à un projet contesté d’aéroport, le gouvernement avait promis de mettre fin à la «zone de non-droit» qui s’était instaurée sur place.

Lire également: Dans les tranchées de la «zone à défendre»

Face à ce qu’ils appellent un «ouragan gouvernemental», les occupants de la ZAD ont prévenu qu’ils mèneraient une «résistance physique et déterminée». Des appels aux renforts ont été lancés ces derniers jours pour monter des barricades, organiser le ravitaillement en soins et en nourriture, une «force hybride» revendiquée par le mouvement d’occupation.

L’Acipa, principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport, a appelé l’Etat «à ne pas enclencher le processus des expulsions et de la violence» et à privilégier «le dialogue», tout en réaffirmant son opposition à d’éventuels blocages des axes routiers par les zadistes.

L’opération démarrée lundi est la première d’ampleur depuis l’automne 2012. Cette dernière tentative d’évacuation massive des occupants, baptisée «opération César», avait viré au fiasco malgré la mobilisation de plus d’un millier de gendarmes et policiers.

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