La main qui tient le téléphone est tremblante. La scène qu’elle filme, glaçante. Nous sommes le mardi 17 janvier 2023, il est 11h dans le stade Ahmad Shahi de Kandahar. Devant les yeux d’une foule abondante et de dignitaires religieux, neuf hommes y sont fouettés entre 35 et 39 fois. Un mois plus tôt, dans un autre stade, celui de Farah, dans l’ouest du pays, un homme jugé coupable d’en avoir tué un autre, d’avoir volé sa moto et son téléphone était exécuté par le père de sa victime. Trois balles de kalachnikov devant la foule, «pour un ordre de qisas», la loi du talion. En Afghanistan, les stades des supplices sont de retour et les centaines de millions de dollars dépensés pour mettre en place un nouveau système judiciaire après 2001 ne sont plus qu’un lointain souvenir.