La fin de vingt ans de présence occidentale en Afghanistan prend des allures de gestion de faillite. Après des mois de simulacre de négociation de paix entre frères ennemis afghans, Washington, suivi de tous ses alliés, a accéléré son retrait du 11 septembre au 4 juillet, laissant l’initiative à des insurgés talibans dont la stratégie se dessine peu à peu. Selon les informations recueillies auprès de sources militaires et diplomatiques en Afghanistan, ils progressent sur tout le territoire, mais délaissent les capitales provinciales et manœuvrent afin de couper les grands axes et encercler, à terme, la capitale afghane Kaboul.

Depuis début mai, au sein du gouvernement afghan comme dans les bureaux de l’ONU ou ceux du commandement américain qui organise, en même temps, son départ, le décompte tombe chaque jour: celui des nouveaux districts tombés aux mains des talibans. Le 30 juin au matin, le bilan faisait état de quatre nouveaux districts perdus, tous dans la partie nord du pays, très éloignée du fief des talibans dans le Sud afghan. Parmi eux, on relève celui d’Alasay dans la province de Kapisa, au nord de Kaboul, sous la garde des troupes françaises entre 2008 et 2012, et celui de Kaldar dans la province de Balkh, frontalière avec l’Ouzbékistan.