A quand l’irruption de François Hollande dans la campagne présidentielle qui, ces jours-ci, est accaparée par le spectacle de la primaire de la gauche? Si le président français s’est bien gardé jusque-là de commenter sa succession, l’accueil reçu à Bamako (Mali) vendredi et samedi lui a sans doute donné quelques idées.

Alors que ce pays clef de l’Afrique Sahélienne reste fragile, menacé par les islamistes et gangrené par le trafic de drogue, tous les chefs d’Etat ou de gouvernement présents y ont salué la détermination, ces cinq dernières années, du locataire de l’Elysée. La France était intervenue militairement en janvier 2013 au Mali pour contrer l’offensive islamiste soutenue par les Touaregs du nord, puis en décembre 2013 en Centrafrique pour déloger les «Sélékas» musulmans qui s’étaient emparés de Bangui, livrée au chaos.

Je ressens un goût d’inachevé qui aurait dû, finalement, justifier d’autres prétentions

Signe réconfortant pour le premier président de la République français à renoncer à se représenter à l’issue de son premier mandat: ses pairs africains l’ont longuement applaudi debout. Une ovation intervenue juste après la fin de son discours, dont une phrase rajoutée in extremis est, depuis, beaucoup commentée: «Je ressens un goût d’inachevé qui aurait dû, finalement, justifier d’autres prétentions» a expliqué François Hollande.

Ce que son ministre des Affaires étrangères (et ex-Premier ministre) Jean-Marc Ayrault a aussitôt décrypté, affirmant que le président «regrette sans doute» sa décision du 1er décembre de laisser la voie à son chef du gouvernement Manuel Valls et à la primaire «citoyenne», dont le second débat télévisé avait lieu dimanche soir.

«Ici, il a tenu ses promesses»

Ironie du quinquennat, c’est sur le continent noir que ce président, jugé indécis et peu visionnaire sur le plan politique domestique, a fait la différence en se comportant en chef de guerre. C’est aussi sur ce terrain que s’est distingué son populaire ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, alias «Le glaive du président» (Ed. Plon). Qu’en penser?

«Les défauts que l’on trouve à Hollande en France, à savoir le goût de la synthèse et de la palabre sont au fond très africains. Ici, il a tenu ses promesses», a commenté à Bangui, dimanche, le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, élu à la suite de l’intervention militaire française. Alors qu’au même moment dans l’hexagone, l’Afrique était totalement absente du débat entre les sept candidats de la primaire «citoyenne». Lesquels se retrouveront à nouveau jeudi devant les caméras. Avant le premier tour du 22 janvier.