Le président iranien ne démord pas de sa rhétorique. «Le prétexte à la création du régime sioniste est faux […] C’est un mensonge basé sur une affirmation infondée et mythique», a-t-il déclaré, vendredi, devant un parterre de fidèles réunis à l’Université de Téhéran à l’occasion de la Journée d’al-Qods, ou Journée de Jérusalem. Avant d’ajouter: «Affronter le régime sioniste est un devoir national et religieux.»

Lors de son premier mandat, Mahmoud Ahmadinejad s’était déjà fait remarquer en déclarant que l’Holocauste était un «mythe» et Israël une «tumeur» au Moyen-Orient. En 2006, un an après son élection, Téhéran avait même organisé une conférence négationniste questionnant le meurtre de 6 millions de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses propos, applaudis par une partie de la rue arabe, ont, en revanche, créé de vives réactions en interne, ses détracteurs l’accusant de provoquer ­gratuitement la communauté internationale et de se focaliser sur un sujet qui relève de la recherche historique et non du mandat d’un président.

D’après ses opposants, si Ahmadinejad s’attaque à nouveau à ce dossier sensible, c’est avant tout par pure tactique politique. «La menace israélienne constitue, pour lui, un excellent prétexte pour faire diversion, à l’heure où il fait face à une vraie crise de légitimité. Au lieu de tenter de résoudre les problèmes de son pays, en proie à une contestation inédite depuis la révolution de 1979, il cherche les problèmes en dehors des frontières de l’Iran», relève un analyste iranien qui préfère ne pas donner son nom.