Il y a, d’un côté, les 12,5 milliards de dollars (11,7 milliards de francs suisses) d’aide versés par plus de 40 pays. Et de l’autre, Natalia, 72 ans, jambes lourdes et dos courbé, qui peine à marcher dans la cave de son immeuble de Siversk, dans le Donbass ukrainien. Elle demande: «Ce qu’il nous faudrait, ce sont des poêles à bois. Pourquoi personne ne nous en donne?» Aucune ONG internationale ou agence de l’ONU n’en distribue à Siversk, une ville toujours bombardée, mais qui n’est plus sur la ligne de front depuis cet été. Les seules aides qui parviennent dans la cité ravagée, aux immeubles troués et aux rues creusées de cratères, émanent de la Croix-Rouge ukrainienne qui organise des ravitaillements une ou deux fois par mois dans le centre-ville, et des volontaires ukrainiens, souvent seuls, parfois intégrés à des organisations. Ils travaillent bénévolement, voire se financent sur leurs propres fonds.