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Annegret Kramp-Karrenbauer, nouveau numéro deux de l’Union chrétienne-démocrate (CDU).
© Inga Kjer/Photothek via Getty Images

Allemagne

AKK en orbite pour succéder à Angela Merkel

Annegret Kramp-Karrenbauer, jusqu’ici ministre-présidente du Land de Sarre, doit devenir secrétaire générale de la CDU. Proche d’Angela Merkel, elle partage la ligne centriste de la chancelière et se positionne à la meilleure place en vue de sa succession

Angela Merkel n’était pas apparue aussi détendue depuis longtemps. La chancelière allemande, confrontée depuis cinq mois à des difficultés inédites pour former son prochain gouvernement, a présenté lundi celle qui doit la seconder pour diriger son parti chrétien-démocrate, la CDU. Annegret Kramp-Karrenbauer, jusqu’ici ministre-présidente du petit Land de Sarre, renonce à ses fonctions pour devenir secrétaire générale du parti à Berlin.

Les jalons de la succession

«La première femme à occuper ce poste», insiste la chancelière, avant de se rétracter dans un fou rire: elle-même avait assuré ces fonctions entre 1998 et 2000… Autant dire qu’elle a posé les jalons de sa succession en désignant cette fidèle alliée à ce poste stratégique, estimait mardi à l’unisson la presse allemande.

La trajectoire est atypique: en tant que ministre-présidente d’un des seize Länder allemands, même un des plus petits (la Sarre ne compte qu’un million d’habitants), AKK jouit d’un certain prestige, surtout depuis sa victoire à l’arraché aux régionales du 4 mars dernier. Son nouveau poste semble, en regard, presque sous-dimensionné, mais pas aux yeux de l’intéressée, qui assure vouloir «œuvrer pour la stabilité politique» qui nécessite «de grands partis».

Au carnaval de Sarrebruck, elle ne défile pas en princesse mais en femme de ménage

La tâche, de fait, est considérable. Il lui faudra établir un nouveau programme fondamental (le dernier date de 2007) et surtout préparer l’après-Merkel. Défenseuse de la ligne centriste imposée par la chancelière à la CDU, cette francophile aux cheveux courts et aux lunettes design est présentée comme l’espoir du parti, à même de réunir autour d’elle un mouvement en crise depuis les résultats décevants obtenus aux législatives du 24 septembre – la CDU avait réalisé le pire résultat de son histoire, avec 32,9% des voix.

L’intéressée se défend de telles ambitions. A un journaliste qui lui demande si elle se voit en dauphine, Annegret Kramp-Karrenbauer – AKK comme on l’appelle dans le pays – rappelle qu’elle n’a «jamais opté pour un costume de princesse au carnaval de Sarrebruck». Elle y défile chaque année en femme de ménage Gretel, tablier et foulard à carreaux, armée d’un seau et d’un balai. De quoi faire le grand ménage au sein de la CDU.

Consolider le pouvoir merkelien

Les militants qui attendaient la désignation d’un rebelle conservateur, comme le secrétaire d’Etat aux Finances Jens Spahn, pour occuper le poste stratégique de secrétaire général, devront ravaler leur déception. De fait, AKK, une fidèle de la chancelière dont elle a soutenu la politique d’accueil des réfugiés, loin de lui faire de l’ombre, aura surtout pour mission de consolider le pouvoir merkelien au sein de la CDU.

A cet égard, Annegret Kramp-Karrenbauer ne manque pas d’atouts. A 55 ans, elle a une longue expérience des coalitions. Angela Merkel l’avait remarquée lors des négociations en vue de former son gouvernement en 2013. Sur le plan politique, le centrisme d’AKK pourrait constituer un atout, pour un parti en plein repositionnement: proche de l’aile gauche sur les questions économiques et sociales (elle était notamment favorable à une hausse de l’impôt pour les hauts revenus), elle défend au contraire une ligne conservatrice sur les questions de société.

Cette catholique pratiquante s’est notamment prononcée contre le mariage pour tous, l’été dernier, estimant que «redéfinir la notion du couple marié ouvrirait la porte au mariage aux personnes du même sang ou, pourquoi pas, à plus de deux personnes.»

Fidèle mais pas malléable

Consensuelle, cette personnalité discrète et sobre est appréciée au sein du parti tant par les supporters d’Angela Merkel que par ses adversaires, à qui elle a promis «un grand débat, de la base vers le sommet du parti, afin de consolider toutes les tendances» au sein de la CDU. AKK sait bien que pour que le parti repasse la barre des 40% aux élections, il faudra que tous les courants internes se sentent représentés. Très populaire au sein de la CDU, la nouvelle secrétaire générale est considérée comme apte à succéder à Angela Merkel par 45% des adhérents du parti selon un sondage Forsa, contre 36% pour Jens Spahn et 31% pour la ministre de la Défense Ursula von der Leyen.

Fidèle à sa cheffe, mais pas pour autant malléable, AKK est réputée avoir une forte tête. Elle l’avait démontré en 2012, lorsqu’elle a décidé de mettre fin, après un an seulement, à la première et éphémère expérience d’une coalition Jamaïque régionale avec les libéraux et les verts au profit d’une alliance avec les sociaux-démocrates. Contre l’avis d’Angela Merkel.

La nomination d’AKK à la CDU sera effective après le congrès du 26 février, au cours duquel la base doit approuver le contrat de coalition conclu avec le SPD.

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