L’essayiste français d’extrême droite Alain Soral a été définitivement condamné par la justice pour contestation de la Shoah, selon une décision consultée mardi par l’AFP. Alain Bonnet dit Soral, 63 ans, figure de l’extrême droite et, un temps, membre du Front national, avait publié des conclusions de son avocat dans une autre affaire, qui «minimisent et banalisent les souffrances des victimes et leurs conditions de vie dans les camps» de concentration. Il avait été condamné pour ces faits le 25 juin 2020, par la cour d’appel de Paris, à 5000 euros de jours-amendes. Dans un avis rendu le 19 octobre, la Cour de cassation a validé cette décision, rendant ainsi la peine définitive.

Aux sources du dossier se trouve une autre affaire: en 2016, le site d’Alain Soral avait publié un dessin représentant, sur une fausse une titrée «Chutzpah Hebdo», le visage de Charlie Chaplin devant l’étoile de David, avec la question «Shoah où t’es?», référence à la une polémique de Charlie Hebdo après les attentats de Bruxelles, «Papa où t’es?». Pour cette publication négationniste, Soral a été définitivement condamné à 10 000 euros de jours-amende.

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Aussi poursuivi en Suisse

En novembre 2017, le même site avait publié les conclusions de son avocat Me Damien Viguier dans l’affaire «Shoah où t’es?». Il y citait par exemple le négationniste Robert Faurisson et commentait les amoncellements de chaussures et cheveux dans les mémoriaux de la Shoah. Pour cette seconde publication, le tribunal correctionnel avait condamné Alain Soral à un an ferme en avril 2019, en assortissant cette peine d’un mandat d’arrêt, tout en condamnant Damien Viguier à 5000 euros d’amende pour complicité.

Le parquet avait cependant fait appel, estimant que le tribunal ne pouvait pas délivrer un tel mandat pour une condamnation au titre de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. En appel, Damien Viguier avait été relaxé et la peine d’Alain Soral considérablement allégée. Le prévenu et quatre associations parties civiles avaient formé un pourvoi en cassation.

Alain Soral, qui s’est installé à Lausanne en novembre 2019 a déjà été condamné à une vingtaine de reprises, en grande partie pour des infractions de provocation à la haine, diffamation et injure antisémite. En mai, il a été condamné en appel à quatre mois de prison en semi-liberté pour provocation à la haine à raison de la religion, après avoir imputé aux juifs l’incendie de Notre-Dame de Paris. Ce mois-ci, c’est le Ministère public du canton de Vaud qui a ouvert une instruction pénale à son encontre suite à la plainte pour homophobie de plusieurs associations LGBTQ +.