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Une vue aérienne d'Alep. /REUTERS
© ABDALRHMAN ISMAIL

Syrie

Alep: l'UE «condamne» Moscou mais n'évoque pas de sanctions

Réunis en sommet, les Vingt-Huit ont condamné la participation de la Russie aux bombardements. Toutefois, ils ont enlevé de la déclaration finale le recours possible à «des mesures restrictives»

Réunis en sommet jeudi à Bruxelles, les Vingt-Huit de l’Union européenne ont «fermement condamné» la participation de la Russie à l’offensive du régime syrien contre Alep, mais ont évité la référence à de possibles sanctions qui suscitait des réticences, de l’Italie notamment.

Le texte finalement adopté par les 28 dirigeants de l’UE, diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, ne mentionne plus le recours possible à «des mesures restrictives (sanctions, ndlr) complémentaires» visant des «soutiens» du régime de Damas, comme le faisait un projet d’accord consulté jeudi matin par l’AFP.

Une référence explicite à la Russie refusée par l’Italie

«L’Union européenne est en train d’envisager toutes les options disponibles si les atrocités continuent», peut-on simplement lire dans les conclusions. Les 28 y demandent aussi «une cessation immédiate des hostilités» à Alep, comme l’a rappelé Donald Tusk, président du Conseil européen. Et que les secours puissent accéder «sans entrave» aux civils dans tout le pays.

«Tout devrait être fait pour étendre le cessez-le-feu, apporter l’aide humanitaire à la population civile et créer les conditions pour ouvrir des négociations sur une transition politique en Syrie», ajoute le texte final.

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a reconnu implicitement qu’il n’était pas favorable à la référence explicite à des sanctions pouvant cibler la Russie. «Je crois que cela n’aurait pas de sens d’insérer ici une référence à des sanctions, et du reste c’est la même position que celle approuvée par les ministres des Affaires étrangères lundi» lors d’une réunion à Luxembourg, a fait valoir Matteo Renzi à l’issue du sommet. Il a estimé que l’essentiel était «de faire toutes les pressions possibles pour arriver à un accord en Syrie».

Les options étudiées

«Je pense qu’il y a un consensus assez large concernant les options stratégiques vis-à-vis de la Russie», a argué de son côté la chancelière allemande Angela Merkel. A propos de l’attitude de Moscou en Syrie, «on a compris qu’il faut une solution commune, il faut des compromis entre nous […] Ce souhait d’aboutir à une voix unique a été une priorité», a-t-elle assuré.

Mercredi soir, Angela Merkel et le président français François Hollande avaient pourtant brandi la menace de sanctions contre Moscou, à l’issue d’une réunion musclée à Berlin avec le président russe Vladimir Poutine. Mais des réserves se sont exprimées à l’arrivée au sommet à Bruxelles qui prendra fin vendredi.

«Ce qui se passe à Alep est inacceptable, je le condamne de la façon la plus ferme, mais est-ce que la sanction est la bonne discussion aujourd’hui? C’est condamnable, il faut voir de quelle manière», a souligné le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel. Les sanctions sont «une option», qui ne rencontre pas d’unité au sein de l’Union pour l’instant, a confirmé son homologue suédois Stefan Löfven.

Moscou est sous le feu des critiques des Occidentaux pour sa participation à l’offensive lancée depuis un mois par le régime syrien contre la partie est d’Alep, tenue par les rebelles.

Lire aussi: Vladimir Poutine se rend à Berlin pour parler de l’Ukraine

Le «débat stratégique» sur la relation UE-Russie convoqué jeudi au sommet des chefs d’Etat -réclamé en mai par Matteo Renzi-, visait initialement à examiner un possible assouplissement de la position de l’UE à l’égard de Moscou dans le dossier ukrainien. Depuis son annexion, jugée illégale, de la Crimée en mars 2014, la Russie est frappée par des mesures restrictives (interdictions de séjour, gels d’avoirs dans l’UE) concernant près de 200 personnes ou organisations et par de lourdes sanctions économiques.

Une trêve à durée indéterminée

La «pause humanitaire» décrétée par Moscou dans la ville syrienne d’Alep (nord) est entrée en vigueur, mais presqu’aucun habitant des quartiers rebelles n’avait emprunté les couloirs établis pour évacuer les civils et les rebelles.

La durée de cette trêve de 11 heures par jour, instaurée jeudi, reste confuse: Moscou a annoncé une prolongation de 24 heures, soit jusqu’à vendredi soir, tandis que l’ONU affirmait que la Russie la maintiendrait jusqu’à samedi soir. Malgré ce répit, le chef de l’OTAN Jens Stoltenberg a exprimé sa préoccupation qu’un porte-avions russe, actuellement au large des côtes britanniques, puisse se joindre à des attaques sur Alep.

A Alep, deuxième ville de Syrie devenue un enjeu majeur de la guerre, la pause annoncée par la Russie est entrée en vigueur à 8 heures locale. Huit couloirs humanitaires, dont six pour les civils, malades et blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés, mais pouvant également être utilisés pour les civils, ont été mis en place, selon l’armée russe.

Hormis des combats en matinée, la situation était relativement calme à Alep, divisée depuis 2012 entre zones rebelles à l’Est et quartiers sous contrôle du régime à l’Ouest.

Les Nations unies espèrent évacuer les premiers blessés d’Alep vendredi, selon Jan Egeland, qui dirige le groupe de travail sur l’aide humanitaire en Syrie. Environ 200 blessés et malades ont besoin d’être évacués de toute urgence des quartiers Est, selon l’ONU.

Lire aussi: Des tirs éclatent dans les couloirs humanitaires d’Alep

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