D’après le Programme alimentaire mondial, 200 000 personnes ont déjà fui Alep, la deuxième ville de la Syrie, en proie à des combats acharnés entre l’armée loyaliste et les combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) depuis le 20 juillet. Mercredi, l’agence onusienne a annoncé que des rations alimentaires seraient distribuées «dans les prochains jours» à 28 000 des habitants apeurés et affamés de la cité assiégée. Un vœu pieux?

Sur le terrain, rien n’augure d’un répit. La porte-parole de la mission des Nations unies en Syrie, Sausan Ghosheh, a affirmé hier que les observateurs, présents à Alep mercredi, avaient vu «un avion de chasse tirer» sur la ville. Quant à l’opposition au régime de Bachar el-Assad, «elle possède à Alep des armes lourdes dont des chars», a-t-elle ajouté, s’alarmant d’un «accroissement important du niveau des violences dans le sud-est de la ville, autour du quartier de Salaheddine» ces derniers jours.

Dans un nouveau rapport publié mercredi, l’ONG Amnesty International considère que l’attaque de l’armée sur Alep, où elle est passée à la contre-offensive le 28 juillet, fait «logiquement suite à la pratique inquiétante mais bien établie de violations des droits humains perpétrées par les forces gouvernementales dans l’ensemble du pays». L’ALS n’est pas exempte de reproches. Depuis mardi, des images circulent sur Internet, montrant des hommes à moitié nus, dont l’un a été identifié comme étant Ali Zeineddoin al-Berri, le meneur supposé d’un groupe de chabiha, exécutés face à un mur d’Alep à la kalachnikov par des partisans de l’ASL. «Cela ressemble à une exécution de détenus, et si c’est le cas, ce serait un crime de guerre», a déclaré à la BBC un représentant de Human Rights Watch.

D’après des sources de l’AFP, les rebelles ont pour objectif primordial la prise du siège des services de renseignement, en lisière ouest d’Alep. Ils revendiquent déjà la prise de trois commissariats, dont celui de Salhine mardi, au sud de la ville, et disent la contrôler au total à «50%» ainsi que la quasi-totalité de la province.

De son côté, dans une allocution écrite, Bachar el-Assad a loué ses troupes, dont c’était le 67e anniversaire, avec grandiloquence: «L’armée livre une bataille héroïque […] et cruciale […] dont dépend le destin de notre peuple et de notre nation.» «Vous les hommes de la partie, vous avez participé aux épopées les plus merveilleuses […] et montré […], face aux bandes de terroristes, que vous avez une volonté de fer et une conscience vive.»

A Damas, où l’armée a repris, depuis le 23 juillet, le contrôle des quartiers investis par les rebelles, des explosions ont de nouveau retenti dans la nuit de mardi à mercredi, notamment aux abords des deux quartiers chrétiens de Bab Touma et Bab Charq, réputés favorables au régime. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 110 personnes ont été tuées hier à travers le pays, aux deux tiers des civils.

L’oppositionau régime el-Assad «possède à Alep des armes lourdes

dont des chars»