Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le président français, Emmanuel Macron, accompagné par Alexandre Benalla, collaborateur chargé de la sécurité à l'Elysée, juin 2017.
© Philippe Wojazer/Reuters ©

International

Alexandre Benalla, l’Elysée version violence

Ce collaborateur d’Emmanuel Macron, chargé de la sécurité, avait frappé des manifestants lors du défilé du 1er Mai. Son passé fait polémique

La commission des Lois de l'Assemblée nationale française va se transformer en commission d'enquête après la diffusion d'images montrant ce collaborateur d'Emmanuel Macron en train de frapper un manifestant, le 1er mai. La justice française avait déjà ouvert une enquête préliminaire pour «violences par personne chargée d'une mission de service public», «usurpation de fonctions» et «usurpation de signes réservés à l'autorité publique», et la «police des polices» enquête également. La décision sur une commission d'enquête était réclamée par l'opposition.

Violence sur personne, port illégal d’un brassard de la police, antécédents problématiques dans le secteur de la sécurité privée: en quelques heures, après les révélations du journal Le Monde, les informations sur le comportement d'un des membres de l’équipe élyséenne sont devenues très embarrassantes pour Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat français, chantre d'une République «exemplaire» est désormais sommé de s’expliquer sur les faits et gestes d’un de ses collaborateurs chargé de sa sécurité, Alexandre Benalla, filmé en flagrant délit d'agression et de tabassage d’un manifestant en marge de la marche de protestation du 1er Mai dernier à Paris. Ancien vacataire au service d’ordre du Parti socialiste, brièvement employé comme chauffeur par l’ancien ministre PS du Redressement productif Arnaud Montebourg (remplacé en août 2014 par Emmanuel Macron au sein du gouvernement), ce collaborateur connu pour son goût des méthodes musclées a été filmé, casque de policier sur la tête, place de la Contrescarpe, non loin de la gare parisienne d’Austerlitz où des casseurs avaient, lors du défilé de la Fête du travail, saccagé plusieurs devantures. En plein conflit social à la SNCF, les syndicats avaient alors été débordés par ces violences, attribuées à la mouvance anarchiste des «black blocs». Les événements reprochés à Alexandre Benalla - qui a pris la fuite après l'agression - sont intervenus en soirée, après la dispersion des émeutiers par la police et après une série d'interpellations.

Garde du corps durant la campagne

Les dérapages d’Alexandre Benalla lors du défilé du 1er Mai – qu’il prétendait suivre comme «observateur» – étaient visiblement connus de l’Elysée. Affecté après l’élection présidentielle de mai 2017 aux déplacements du président, sécurisés par les policiers du Service de protection des hautes personnalités, l’intéressé avait d'abord été mis à pied, puis muté à l’organisation des événements publics organisés dans le périmètre du palais. C’est à ce titre qu’il était semble-t-il présent dans le bus de l’équipe de France de football, lors de sa descente des Champs-Elysées lundi. Alexandre Benalla avait gagné la confiance d’Emmanuel Macron en lui servant de garde du corps durant la campagne. Les témoignages recueillis par les médias français le décrivent comme un homme proche des forces de l’ordre, ancien auditeur de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice, une émanation du Ministère de l’intérieur. L'Assemblée nationale et le Sénat se sont saisis de l'affaire, et le ministre de l'intérieur Gérard Collomb a été sommé de s'expliquer par les parlementaires de l'opposition. 

Rien, pour l’heure, ne démontre qu’Alexandre Benalla était sur les lieux de la manifestation en service commandé. Mais alors qu’Emmanuel Macron a reçu, mardi, l’ensemble des syndicats pour renouer le dialogue après la promulgation de la loi réformant la SNCF, son comportement nourrit la polémique sur un chef de l’Etat bien peu social, et sur les responsabilités élyséennes dans la dissimulation de cette sombre . L’inspection générale de la police nationale s’est saisie du dossier pour élucider l'implication des forces de l'ordre, et une enquête préliminaire a été ouverte. Présent à Périgueux (sud-ouest) jeudi pour y parler de citoyenneté et y lancer un nouveau timbre frappé de l'effigie de Marianne, le président français a esquivé le sujet, estimant juste devant les caméras que la «République est inaltérable».

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a