Présidentielle américaine

Alexandria Ocasio-Cortez, la fougue décomplexée

Si elle n’est pas candidate, la benjamine du congrès contribue à revivifier un parti trop longtemps sclérosé. Elle est le piment nécessaire aux femmes démocrates

Elle n’a pas l’âge. Même si elle le voulait, Alexandria Ocasio-Cortez, la benjamine du Congrès, ne pourrait pas se présenter à l’élection présidentielle. Elle a 29 ans. Or un candidat doit avoir au minimum 35 ans. AOC, comme on l’appelle, est le piment de la politique américaine. Qu’elle agace ou qu’elle fascine, elle est devenue un phénomène. Ultra-médiatisée, la charismatique New-Yorkaise a déjà dû avaler bien des couleuvres. Moquée pour ses «clowneries» et ses pas de danse, critiquée pour sa manière chic de s’habiller alors qu’elle défend les victimes de la précarité, AOC ne s’en laisse pas conter. Elle incarne une nouvelle manière de faire de la politique. Jeune, branchée – elle recourt massivement aux réseaux sociaux –, dynamique et, surtout, décomplexée. Ensemble avec la jeune musulmane Ilhan Omar, elle a pris presque naturellement le lead d’un groupe de nouvelles élues issues de minorités et incarnant l’aile gauche du parti.

Culottée et sans tabous

AOC, c’est l’épine de rose qui cherche à «humaniser la politique». Culottée, sans tabous, férocement indépendante, elle ose. Et bouscule ses pairs. Et quand elle se fait taxer de «radicale», elle s’en tire à chaque fois avec des pirouettes. «Abraham Lincoln a pris la décision «radicale» de signer la proclamation d’émancipation. Franklin Delano Roosevelt a pris la décision «radicale» de s’embarquer dans une série de mesures comme la sécurité sociale. […] Si c’est ce que «radical» signifie, alors appelez-moi comme ça», a-t-elle relevé un jour.