Exécutant le désir du Kremlin, la justice russe a condamné mardi soir Alexeï Navalny à 3 ans et demi en colonie pénitentiaire. L’opposant devrait purger 2 ans et demi compte tenu des 10 mois qu’il a déjà passés en résidence surveillée. Il s’agit de la conversion en prison ferme d’une condamnation avec sursis remontant à 2014 dans une affaire de «surfacturation de service» à la société française Yves Rocher. Un verdict jugé «arbitraire» en 2017 par la Cour européenne des droits de l’homme.

Au terme d’une audience absurde, Alexeï Navalny est donc puni pour «tentative de fuite» (selon l’accusation du Service fédéral d’application des peines), alors qu’il a quitté inconscient le territoire russe en août 2020, victime d’une tentative d'empoisonnement. Non seulement au vu et au su de tous, mais aussi avec l’aval personnel du président, Vladimir Poutine. Qui plus est alors que l’opposant est rentré en Russie dès la fin de sa convalescence le 17 janvier, conscient qu’il risquait la prison.