Alexis Tsipras compte sur l’appui de l’Italie

Europe Le premier ministre grec rencontre ce mardi le président du Conseil, Matteo Renzi

Le président du Conseil, Matteo Renzi, reçoit ce mardi le nouveau premier ministre grec, Alexis Tsipras. Après Chypre lundi, l’Italie est la deuxième étape de la tournée européenne du leader de Syriza, parti de gauche radicale et grand vainqueur des élections législatives du 25 janvier. Il vient chercher auprès de son homologue italien un appui dans son offensive pour alléger sa dette colossale et lutter contre l’austérité.

Sur les pas de l’Italien

Le dirigeant grec trouvera à Rome un interlocuteur ouvert au dialogue. «Nous sommes un créditeur de la Grèce, mais un créditeur avec du bon sens, explique Sandro Gozi, secrétaire d’Etat auprès de la présidence du Conseil chargé des Affaires européennes. Un créditeur qui ne veut pas étouffer un débiteur jusqu’au point de le tuer, mais qui négocie un parcours lui permettant de relancer son activité.»

Alexis Tsipras marche aujour­d’hui dans les pas du chef du gouvernement italien. Le nouvel enfant terrible du Vieux Continent s’adresse ainsi à celui qui a joué ce rôle après sa prise de pouvoir il y a près d’un an. En mars 2014, à peine désigné président du Conseil, Matteo Renzi plaide à Paris en faveur d’une «autre Europe» pour favoriser la croissance et l’emploi, avant de se rendre à Berlin et à Bruxelles. Il tente de rassurer ses partenaires européens une semaine après l’annonce de ses premières mesures économiques, notamment une baisse d’impôts de 10 milliards d’euros afin de permettre une augmentation de 80 euros par mois pour les bas revenus. Cette mesure est comparable à la promesse d’Alexis Tsipras de relever le salaire minimum grec.

La victoire électorale de Syriza vient encore renforcer la ligne pro-croissance de l’Italie. Et inquiète l’Allemagne. Angela Merkel craint que Rome n’accède en partie aux demandes d’Athènes ouvrant la voie à un front méditerranéen. La chancelière a donc opéré un rapprochement avec la Péninsule. Elle s’est entretenue dimanche par téléphone avec Matteo Renzi pour évoquer longuement le cas grec. Dix jours plus tôt, elle se trouvait au pied du David de Michel-Ange, à Florence, ville natale du chef du gouvernement italien, pour apporter son soutien à ses réformes.

Pris entre les deux parties, Matteo Renzi pourrait choisir aujour­d’hui de se poser en médiateur, prédit la presse transalpine: pousser dans la direction souhaitée par la Grèce tout en respectant les règles européennes auxquelles tient l’Allemagne. Comme il l’a fait lui-même. Il a réclamé une politique de croissance et en faveur de l’emploi tout en respectant le plafond du déficit à 3% du PIB fixé par le Pacte de stabilité. Mais son économie étant mal en point, le pays ne compte pas mettre une croix sur les 40 milliards d’euros prêtés à la Grèce. La dette grecque atteint les 175% du PIB contre 130% pour l’Italie.

Entente sur l’Ukraine

Les deux pays méditerranéens devraient cependant s’entendre sur un autre front: le conflit ukrainien. Alors que l’Union européenne a prolongé de six mois les sanctions contre la Russie, l’Italie prône depuis le début du conflit le dialogue. Ce fut le cas avec l’ancienne ministre des Affaires étrangères et actuelle cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et maintenant avec son successeur, Paolo Gentiloni. «Il est illusoire de penser que la situation puisse se résoudre seulement avec des sanctions», lançait le ministre en novembre dernier. Le gouvernement grec à peine formé a tout de suite fait part de son mécontentement après l’annonce de nouvelles sanctions occidentales dans lesquelles il ne se reconnaît pas.