Invité d'honneur du second jour du sommet arabe d'Alger, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a déclaré mercredi, qu'une enquête «plus complète» pourrait être nécessaire sur l'assassinat de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, et a plaidé pour une paix juste et globale au Proche-Orient. Kofi Annan a également affirmé que l'ONU était «résolue à aider l'Irak en cette période de transition» et a dénoncé «la situation épouvantable» régnant au Darfour dans l'ouest du Soudan.

Concernant l'«odieux assassinat» de Rafic Hariri, le 14 février à Beyrouth, Kofi Annan a déclaré vouloir publier dans les jours à venir le rapport que la mission d'information des Nations unies vient de lui remettre, mais n'a pas exclu qu'une «enquête plus complète pourrait également être nécessaire». Concernant le retrait des troupes syriennes du Liban, il a jugé «encourageant» que le président syrien Bachar al-Assad ait promis à son envoyé spécial «que la Syrie appliquerait pleinement et intégralement la résolution 1559 du Conseil de sécurité». «J'attends de toute l'armée syrienne, y compris son appareil de renseignement et ses moyens militaires, qu'elle se retire complètement du Liban avant la tenue d'élections législatives libanaises. Ces élections doivent être libres et équitables et avoir lieu comme prévu», en principe en mai, selon lui.

Dossiers chauds évités

Evoquant le conflit israélo-palestinien, Kofi Annan a souligné «les difficultés de la vie quotidienne des Palestiniens, leurs inquiétudes devant la poursuite d'actes unilatéraux, comme les colonies et la confiscation de terres, leur colère devant la barrière ou mur de séparation en Cisjordanie, leur aspiration à voir tous les prisonniers politiques libérés». Il a cependant affirmé avoir «senti un vent d'optimisme et d'espoir après une longue et difficile période d'effusion de sang et de désespoir», après un récent voyage dans la région. Il a appelé toutes les parties à «promouvoir l'instauration d'une paix juste, durable et complète sur tous les volets, y compris les volets syro-israélien et libano-israélien».

Quant au sommet lui-même, il s'est achevé sans surprises ni grand débat de fond, les pays arabes ayant soigneusement évité les dossiers chauds et controversés afin de donner une impression d'unité, estiment des analystes politiques.

La résolution la plus importante adoptée dans la capitale algérienne concerne la réactivation du plan de paix arabe, que l'Etat hébreu a «rapidement» rejeté, poussant le chef de la diplomatie jordanienne, dont le pays a été à la base de cette résolution, à exprimer ses souhaits que l'Etat hébreu revienne sur son rejet. Les réformes politiques dans le monde arabe, qui avaient fait couler beaucoup d'encre lors du précédent sommet à Tunis en 2004, n'ont presque pas été évoquées, alors que la crise syro-libanaise et l'appel international à la Syrie pour appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité demandant son retrait du Liban ont également été soigneusement évitée.