Saddam Hussein avait bien le pouvoir de tuer à grande échelle en Irak. Sans bombe atomique ni technologie de pointe. Son arme secrète? Son aussi banal que moustachu cousin germain Ali. Ali Hassan al-Majid, son cadet de quelques années, comme lui natif du nord de l’Irak. Comme lui, originaire de la région de Tikrit, la féconde fabrique de tueurs sunnites de l’Irak postmoderne. Comme lui, exécuté par pendaison pour crimes contre l’humanité.

Ex-«Roi de pique»

Ali Hassan al-Majid était l’homme le plus dangereux de Mésopotamie après le feu maître de Bagdad, l’âme de destruction massive de l’Irak totalitaire. L’homme au keffieh avait été condamné à mort pour la quatrième fois le 17 janvier dernier, pour le massacre organisé de 5000 Kurdes en 1988. Il a été pendu lundi «sans aucun trouble, ni cris de joie ou paroles offensantes», selon le gouvernement.

Exécuteur des basses œuvres du raïs, dévoué cousin, zélé lieutenant, il collectionnait les massacres. Le sicaire du régime baassiste était plus connu sous le nom d’«Ali le chimique», après avoir orchestré la campagne «Al-Anfal» de 1988 durant laquelle l’Irak avait fait usage du gaz ypérite – entre autres – pour venir à bout de la rébellion kurde.

Ex-«Roi de pique» du jeu de cartes inventé par le Pentagone, il avait aussi été le secrétaire général du parti Baas dans le nord de l’Irak et ministre de l’Intérieur. Capturé par la coalition britannico-américaine en 2003, il ne s’était jamais repenti: «C’est moi qui ai donné les ordres à l’armée de détruire des villages […]. Je ne me défends pas. Je ne m’en excuse pas. Je n’ai pas commis d’erreur», avait-il dit en parlant de la répression de la rébellion kurde qui a fait près de 180 000 morts.