Ali Hassan al-Majid avait été condamné le 17 janvier pour crimes contre l’humanité pour le gazage de la ville kurde d’Halabja en 1988, qui avait fait 5600 morts. Il avait écopé de sa quatrième condamnation à mort.

Ali Hassan al-Majid a été pendant plus de 35 ans l’homme de main redouté de son cousin Saddam Hussein, prêt à tout pour écraser la moindre velléité de révolte en Irak. Agent de liaison militaire jusqu’au coup d’Etat qui porta en 1968 le parti Baas au pouvoir, ce cousin germain de l’ex-président a également occupé le poste de secrétaire général du parti Baas dans le nord (1987-1989), coordonnant à la fois l’armée, la direction de la sécurité générale et les renseignements militaires engagés dans la répression contre les Kurdes.

«C’est moi qui ai donné les ordres à l’armée de détruire des villages et de reloger les villageois. Je ne me défends pas. Je ne m’en excuse pas. Je n’ai pas commis d’erreur», avait-il dit, en parlant de la répression de la rébellion kurde, la campagne Anfal de 1987-1988, qui avait fait près de 180’000 morts.

Comme le président déchu, pendu fin 2006, «Ali le chimique» est originaire de la région de Tikrit (nord), où il était né en 1941 selon le tribunal pénal, en 1944 d’après ce qu’il a déclaré à ce même tribunal.

Également surnommé «le boucher du Kurdistan», il y avait engagé en mai 1987 une politique implacable de terre brûlée par une vaste opération d’évacuation de la population et du bétail, emmenés de force près des frontières jordanienne et saoudienne, loin des zones d’implantation traditionnelles des Kurdes.

L’homme, qui était dévoué corps et âme à son cousin, a aussi supervisé l’occupation du Koweït, la «19e province» aux yeux du régime. D’août à novembre 1990, il fut le gouverneur sanguinaire de ce pays envahi par l’armée irakienne, avant de reprendre en février 1991 le poste de ministre des Affaires locales.

Sans états d’âme, il a fait exécuter en février 1996 ses propres neveux Hussein Kamel et Saddam Kamel, rentrés à Bagdad après avoir fait défection un an plus tôt en Jordanie et dénoncé le régime.

Membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR, plus haute instance dirigeante du régime baassiste), «Ali le chimique» avait été désigné responsable de la région militaire sud, avec pour mission de la défendre contre l’offensive menée par l’armée américaine lancée le 20 mars 2003. C’est la seule région qui résista brièvement aux forces de la coalition.

Désigné «roi de pique» dans le jeu de cartes figurant les personnes recherchées par les Américains après l’invasion de l’Irak, il fut capturé le 21 août 2003 après des mois de recherches.

Il a été condamné à mort pour la première fois en juin 2007 pour son rôle dans la répression de la rébellion kurde (campagne Anfal). Il l’a aussi été, en décembre 2008, pour «crimes contre l’humanité» au moment de l’insurrection chiite en 1991 et en mars 2009 pour son implication dans la mort de dizaines de chiites en 1999 après l’assassinat de l’ayatollah Mohammed Mohammed Sadek Sadr.