Une opposante entêtée fait plier les Russes en Ossétie du Sud. Ils ne voulaient pas d’elle comme présidente mais, face à sa ténacité, ils ont dû transiger: Edouard Kokoïty, le président soutenu par Moscou, fait ses bagages. Le territoire séparatiste s’est extirpé du giron géorgien en 2008 grâce aux tanks du voisin russe qui seul reconnaît son indépendance. Avec les îliens de Tuvalu et de Nauru dans le Pacifique qui se piquent de politique caucasienne pour des raisons évidentes, sonnantes et trébuchantes. Moscou caressait le projet de faire de l’Ossétie du Sud une démocratie à sa solde. Edouard Kokoïty y régna sans partage et, après les deux mandats prescrits par la Constitution, adouba un successeur. C’était sans compter sur Alla Djioeva, qui avait à cœur l’idéal républicain. Elle remporta haut la main le scrutin du 27 novembre. Mais le candidat du Kremlin ne l’entendait pas de cette oreille: prétextant des fraudes, il fit annuler l’élection et promit un nouveau vote en 2012 dont il exclut sa seule concurrente. Alla Djioeva réclama sa victoire et la destitution du président. Tous les jours, par – 10 degrés, elle manifesta en face de la présidence. Samedi, le gouvernement a cédé: elle pourra se présenter au prochain scrutin, le 25 mars.