Près de trois ans seulement après un tonitruant retour sur la scène politique, ce baron de 66 ans s’est adjugé 62,1% des suffrages des membres de la CDU face aux deux autres candidats, dont un proche d’Angela Merkel, Helge Braun (12,1%) et Norbert Röttgen (25,8%), selon les résultats annoncés par le secrétaire général, Paul Ziemiak.

Friedrich Merz, tenant d’une ligne économique libérale, va devoir s’atteler à redresser un parti laminé par sa défaite aux élections du 26 septembre où il a enregistré le score le plus faible de son histoire (18,9%) après seize ans à diriger le pays. Cette déroute sans précédent avait conduit l’actuel président, rendu personnellement responsable de la défaite, Armin Laschet, à jeter l’éponge après moins d’un an à la tête de la CDU. Appelés pour la première fois à élire directement leur dirigeant, près de 250 000 membres de la CDU – sur un total de 400 000 – ont participé à ce vote. L’élection proprement dite de Friedrich Merz n’aura lieu que les 21 et 22 janvier lors d’un congrès de la CDU.

Rival de toujours d’Angela Merkel, qui a quitté le pouvoir début décembre avec une popularité au sommet, Friedrich Merz aura dû s’y reprendre à trois reprises pour prendre la tête de la CDU.

Un parti «en état d’urgence»

Pour ce parti, qui a dominé la vie politique allemande d’après-guerre, c’est le troisième changement de direction en trois ans après l’ancienne ministre de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer et Armin Laschet. A chaque fois jusqu’ici, Friedrich Merz avait échoué. A peine désigné, il a d’ailleurs reconnu que la CDU était dans un «état d’urgence» depuis trois ans. «Il ne faut pas que cela se renouvelle», a-t-il ajouté.

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Avant de revenir au premier plan fin 2018 quand Angela Merkel avait, elle, annoncé son retrait progressif, Friedrich Merz était actif dans la finance. Avocat dans un grand cabinet d’affaires à Düsseldorf, il avait accumulé les millions et les postes d’influence dans de grandes entreprises allemandes.