«Je suis un fédéraliste convaincu, mais je crois que le fédéralisme touche, de plus en plus, à ses limites.» Le ministre-président bavarois Markus Söder a appelé lundi à plus de centralisme dans la gestion de la crise sanitaire en Allemagne. Précisant sa pensée mercredi à la télévision, il a plaidé pour «un plan national de lutte contre l’épidémie» qui aurait pour avantage d’empêcher les tribunaux administratifs «d’interpréter les dispositions différemment d’un land à l’autre». Si elle peut surprendre, venant d’une région au particularisme assumé, cette revendication n’est pas une nouveauté. A intervalles réguliers, des voix se sont élevées pour réclamer une coordination au niveau fédéral.

La loi fondamentale allemande place les capitales régionales en première ligne sur de nombreux sujets touchant à la lutte contre le coronavirus. Berlin ne peut qu’exhorter ou recommander. Malgré leur souhait d’une plus grande harmonisation, exprimé en amont de chaque grande réunion avec la chancelière, Angela Merkel, les Etats fédérés ont souvent fait exactement le contraire. On l’a vu sur les mesures de confinement en mars, le déconfinement, le port du masque ou, plus récemment, sur l’hébergement de touristes venant de zones à risque à l’intérieur du pays. La réponse allemande au coronavirus est une mosaïque à 16 facettes, autant que le nombre de länder. Le conservateur Markus Söder (CSU), à la tête de la région la plus touchée par l’épidémie, n’a d’ailleurs pas été le dernier à afficher ses différences.