Les Allemands se sentent fortement concernés et sont prêts à se mobiliser contre l'extrémisme de droite, selon un sondage réalisé par l'institut Emnid pour la chaîne de télévision privée N-TV: 81% des personnes interrogées souhaitent que des mesures fortes soient prises contre les extrémistes, et seraient prêtes à accepter l'utilisation d'écoutes téléphoniques pour les débusquer; 65% des sondés sont favorables à une interdiction du parti néo-nazi NPD, tandis que 29% sont contre.

Pour manifester leur désapprobation vis-à-vis des idées d'extrême droite, la moitié des Allemands se disent prêts à descendre dans la rue. Pour 83% des personnes interrogées, l'extrémisme n'est pas l'apanage des Länder (Etats régionaux) de l'ex-RDA, réputés peu accueillants avec les étrangers, mais constitue un problème dans toute l'Allemagne; 15% sont d'un avis contraire.

Pourtant, un autre sondage, réalisé au début de l'année par les instituts français et allemand SOFRES et Emnid sur ce que savent les jeunes de l'Holocauste, n'avait pas trouvé acquéreur auprès des médias allemands, a indiqué jeudi l'institut Emnid. Certains résultats du sondage ont été finalement publiés jeudi dans l'hebdomadaire Die Zeit, dans le cadre d'une enquête sur la prise de conscience de l'existence d'une extrême droite active en Allemagne, dans laquelle l'hebdomadaire s'inquiète des faiblesses de l'enseignement de l'histoire récente.

Le sondage, publié en février par l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur, montrait que deux tiers des jeunes Allemands entre 14 et 18 ans ignoraient que «l'Holocauste signifie l'extermination des juifs», la proportion montant à neuf sur dix pour les adolescents de 14 ans. Un jeune de 14 ans sur deux soulignait ne jamais avoir eu de cours sur le sujet. Une enquête menée par l'institut Emnid il y a trois ans faisait apparaître que 20% des jeunes entre 14 et 17 ans n'avaient jamais entendu parler d'Auschwitz.

AFP